Si à MAURIAC (Cantal) se trouve le plus grand édifice roman de la Haute-Auvergne  : " La basilique Notre-Dame-des-Miracles ", non loin à quinze kilomètres au sud-ouest, sur la rive gauche de la petite rivière Auze ( qui ira se jeter  23 km plus loin dans la retenue du barrage du Chastang sur la rivière Dordogne) ,   dans les gorges ,  bâtie sur un promontoire qui domine la rivière s'élève l'église " Notre Dame de l' Assomption  "appelée aussi "Notre-dame-de Saint-Thibaud  "de BRAGEAC.

Ce serait vers 659 que vint s'établir dans les gorges de la vallée de l' Auze, l'ermite Saint-Til ( disciple de Saint-Eloi) afin d'y mener  une vie austère   et dépouillée dans ce que l'on appelle   aujourd'hui  la " Grotte de Saint-Til". A cet endroit ce ne sont que roches escarpées et déchirées, il vécut d'abord dans une grotte puis dans une cellule bâtie en pierre sèche. La renommée de sa sagesse, sa vie érémitique vont attirer de nombreux pélerins, il éleva un monastère de l' ordre de Saint Benoît, là où se trouve  aujourd'hui l'église et le village de Brageac. Il mourut en 702.

 

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 Le premier oratoire bâti à Brageac, à l 'époque de la fondation du monastère de moines par Saint Til fut détruit lors des invasions  en 732, et ce ne fut qu'après cinq siècles d'abandon que fut élevée l'église actuelle .  Les caractères de son architecture fixent sa date de construction vers le milieu du XIIème siècle peu après la fondation en 1100, d'un monastère de femmes de l'ordre de Saint-Benoit, par les frères Guy et Raoul d'Escorailles,  chevaliers de la première croisade, qui rapportèrent d'Orient les chefs de Saint Côme et de Saint Damien, vénérés encore aujourd'hui dans l' église de Brageac. 

 L'abbesse était nommée par le roi et choisie parmi les plus nobles familles du voisinage. Les seigneurs d' Escorailles avaint  droit de sépulture dans l'église de Brageac.Pilée successivement par les Gascons au XII ème siècle, les anglais au XVème siècle et le sprotestants au XVIème siècle sous la conduite des différentes abbesses l'église fut remise en état ou du  moins conservé du mieux possible. A la révolution de 1789 les ordres monastiques furent supprimés les biens vendus ou confisqués. L'abbaye fut détruite.

 

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"L'église actuelle n'est certainement pas la même qui avait été batie à l'époque de la fondation du monastère. Elle subit de nombreuses restaurations au XIXème siècle : composée de trois nefs terminées chacune par une abside semi-circulaire, loingue de 24 m et large de 12, avec 60 chapiteaux et bases de colonnes sculptées : c'est à l'intérieur que l'on peut admirer et apprécier l'architecture de l'édifice : la coupole qui soutient la tour carrée qui sert de lcocher ; les bras du transept sont voûtés en berceau ; l'abside voûtée en culs de four : les " baies limousines" ; les étonnants jeux d'appareils qui ornent les arcs de l'église faisant alterner des pierres de couleurs différentes de façon plus ou moins ordonnée, le chapiteau " mauricois"." Une autre particularité de l'édifice est le grand nombre de signes lapidaires qui s'y trouvent gravés.

L'église de Brageac est dépositaire de nombreux trésors : statues, les bustes de Saint Côme et saint Damien, la " bourse" de Saint Til, des calices, patères, oetensoirs, croix reliquaire etc... l'église fut classée aux M.H en 1862.

 

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 L'Église de Brageac, croquis de Monsieur Marcel MAZAR né à Brageac ( 1926-2009). Mr Mazar après de brillantes études à l'école du Louvre se retira à Brageac en 1968 afin d'enseigner son art il est l'auteur denombreux dessins et croquis de son village natal. Merci à une amie du blog qui a eu la grande bonté de nous prêter ce croquis qui lui avait été offert par Monsieur Mazar pour son mariage.

 

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 ( source photos ci-dessus et ci-dessous : base Mérimée  http://www.culture.gouv.fr/culture/inventai/patrimoine/

 

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 Comme le souligne Monsieur Pierre MOULIER dans son ouvrage très documenté et agrémenté de nombreuses photos, plans, croquis et archives : " Il est extraordinaire de trouver en si peu d'espace, et un un lieu si reculé, autant de beauté, d'harmonie et de majesté. Mais pour s'en persuader vraiment les mots ne suffisent pas, et il faut y aller voir par soi-même".Mr MOULIER est professeur de philosophie et directeur de la revue " Patrimoine de Haute-Auvergne". Il s'attache à faire découvrir des aspects ignorés ou méconnus de son département. Il est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages sur le patrimoine auvergnat. Le livre " L'église romane de Brageac ( Cantal) peut être commandé auprès de " Cantal-Patrimoine" http://cantalpatrimoine.free.fr

Sources : Bulletin de la Sté Scientifique historique et archéologique de la Corrèze édition 1878 - et Mr Pierre Moulier cité ci-dessus.