l'ABC de Riviereesperance

01 septembre 2014

SARLAT (24 DORDOGNE)

SARLAT : Capitale du Périgord noir à une dizaine de kms de la Vallée de la Dordogne,  constitue un des ensembles urbains médiévaux ( XIII-XVIè siècles) les plus importants du monde. ( Elle détient la plus forte densité en monuments historiques et classés d’ Europe).

La première abbaye de Sarlat aurait été fondée vers 820-840, les moines désirant y mettre à l’abri les reliques de Saint-Sacerdos ( né en 450 à Calviac voir blog lettre S, parution du 22/11/2011) ). Vers 937 elle fût rattachée à Cluny par le comte du Périgord. La cité s’est alors développée et formée autour de cette communauté  de plus en plus puissante qui possédait de nombreux biens, terres,  églises dans tout le Périgord noir et alentours. En 1153 elle est placée sous l’autorité de Rome, et en 1181 Philippe Auguste lui accorde protection, le monastère compte alors plus de 100 moines, elle possède 66 églises, 2 monastères,  de nombreuses terres, son expansion va croître jusqu’au XIII ème siècle. Elle  le doit à sa situation géographique : à l’écart des grandes voies de pénétrations d’avoir échappé aux pillards descendus du nord, cachée  au fond d'un vallon et de forêts denses près du petit affluent de la Dordogne  : la Cuze. 

 

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Lant

 

( en haut, quelques photos prises depuis l'ascenseur panoramique, dessous la lanterne des Morts, la Salamandre sur le clocher de la Cathédrale, photos studio plume et eau)

 

En 1223 la commune constituée prête serment à Louis VII.  Puis la ville obtient son autonomie elle est administrée par les Jurats et les Consuls, « Le Livre de Paix» ( 1299)  constitue la charte des libertés communales, les coutumes de la ville vont rester en vigueur jusqu'en 1789. Le pouvoir royal s'affirme face à celui des religieux et du Pape. En 1317 Jean XXII élève Sarlat au rang d'évêché la séparant du diocèse de Périgueux. La ville devient un lieu important de foires et marchés.

Au cours des siècles  Sarlat  subira  tour à tour : en 1279 les ravages de la peste qui font 2500 morts, ( la ville y perdra la moitié de ses habitants, jusqu'au XVIIème siècle il y eût  5 grandes épidémies de peste). La ville se mit sous la protection de la Verge de Temniac, ainsi on peut voir aux coins des rues de la vieille ville une cinquantaine de niches abritant des statues de la Vierge. Au début de la Guerre de Cents ans, (1337)  la ville était une place forte française, les anglais voulaient s’en emparer, les consuls firent fortifier la ville et les anglais ne purent l’investir.

 

Vierfon

( La Vierge, et la Fontaine Sainte-Marie)

 Par le Traité  de Brétigny en  1360 qui leur  accordait toute l' Aquitaine y compris le Périgord et le Quercy, la ville est abandonnée aux Anglais pendant 10 ans. Mais Duguesglin en mars 1370 suite à la révolte des habitants vient la reconquérir, la guerre de Cent ans ne s’achèvera que par la victoire française à la bataille de Castillon en 1453 ( voir blog). Après 116 ans de guerre, le Périgord n'est plus qu'un champ de ruines, la guerre à ravagé l'agriculture et ruiné le commerce, autour de Sarlat les vignes sont retournées à la forêt.

En 1365  pose de la première pierre de l’ Église Sainte-Marie,laquelle ne sera achevée qu’en 1492 sous l’impulsion d’Armand de Gontaut-Biron le nouvel Évêque, : c’est lui qui transforma l’ abbatiale en cathédrale - conservant le clocher et l’abside, elle sera achevée par François de Salignac  en 1685. Il est inhumé dans la chapelle Saint Sacerdos à l'intérieur de la cathédrale. ( Cathédrale Saint-Sacerdos, voir blog lettre C, parution du 14/07/2013)

Au cours des guerres un grand nombre de  bâtiments furent détruits et durant la période de 1450 à 1500 ce sera la moitié des demeures qui seront rebâties dans le style Renaissance.  La Maison de La Boétie :  la plus connue date de cette époque ainsi que  la plupart des bâtiments que l’on peut admirer aujourd’hui . La fin du XVè et le début du XVI ème siècles fut une période faste pour la ville.

 

MLB

Id

 

Elle ne sera pas épargnée par les Guerres de Religion au cours des ans.  La religion protestante fait son entrée en Périgord par le Bergeracois. Sarlat, bien que fidèle catholique,  est elle aussi pénétrée par ces idées.  Elle sera assiégée  , conquise en 1574 par Geoffroy de Vivans,  mais elle se révoltera contre l’envahisseur le chassant de la ville, Turenne aussi tentera avec 6000 soldats de s'en emparer, en vain. Elle  ne retrouvera la paix que lors de la conversion d’ Henri IV au catholicisme en 1593. Puis en  1653 Sarlat fait face à la Fronde, la ville est mise à sac par les frondeurs mais une fois encore les habitants défendront leur ville en massacrant  tous les frondeurs. 

 

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( Place de la Liberté et l' Hôtel de Ville)

 Jusqu’en 1700  la ville   connaîtra un essor du commerce, de l’artisanat, elle devient le siège d’une Cour de justice. En 1615 les Consuls font bâtir pour leur usage l' Hôtel de Ville actuel. En 1750 les fossés sont comblés, transformés en boulevards . L'intendant Tourny modernise la ville, fait raser certaines parties des remparts et dessiner la place de La Rigaudie. En 1801 : signature du Concordat Sarlat perd son siège d'evéché et se retrouve rattachée à celui de  Périgueux.

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( Quelques Hôtels : Hôtel de Plisson, Plamon, Vassal)

En 1836 :  Une rue principale est percée  à travers les vieux quartiers  " La Traverse" ( actuellement rue de la République) qui coupe la ville en deux et  à fait disparaître de nombreux  bâtiments . Compte tenu de sa situation géographique loin des grands axes routiers  la ville restera à l'écart de la révolution industrielle. L'arrivée du chemin de fer et la construction de la gare ne se fera qu'en 1882.

Durant le XIX ème siècle Sarlat et ses bâtiments historiques commencent à se dégrader. Elle fut sauvée par la Loi du 4 août 1962, conçue par André Malraux  Ministre des affaires culturelles ( le ministre avait tenu le maquis au coeur des forêts du Périgord). Cette loi stipulait qu'un quartier, une ville entière pourraient être désormais protégés. Le 27 Août 1967 le centre de Sarlat fut officiellement érigé en secteur sauvegardé. Débuta alors une campagne de réhabilitation sans précédent et qui se poursuit encore aujourd'hui, ce qui nous permet de pouvoir admirer tous ces édifices, ces chefs d'oeuvres dans leur cadre architectural. Sur 11 hectares il existe : 253 immeubles, 14 monuments classés, 52 monuments inscrits ... un bijou architectural qui reçoit plus d'un million de visiteurs par an.

 

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( Quelques détails des façades)

 

Mais Sarlat c'est aussi la terre natale d'hommes et de familles  illustres on peut citer parmi ceux-ci  : Etienne de la Boétie et son amitié avec Montaigne, la famille de Salignac ( les Salignac  de La Mothe Fénelon titulaires de l'Eveché depuis le XIVème siècle) François de  Salignac de La Mothe Fénélon qui  y passa son enfance auprès de son oncle. Jean Tarde, et ses célèbres chroniques qui avait rencontré Galilée en Italie. Le Chevalier de la Calprenède qui écrivait des tragédies et des romans à la cour du roi Louis XIII. Jean Baptiste Sirey qui rédige en 1802/1809 le Recueil général des lois et arrêts et Les Codes annotés. Le le Général d'Empire Fournier-Sarlovèze .Les troubadours : Aimeric de Sarlat, Elias Cairels, Giraut de Salignac ...

L'architecte Jean Nouvel qui y a grandi et qui a transformé l'ancienne église Sainte Marie ( qui avait été désaffectée depuis la révolution , Hôtel des Postes en 1907, puis abandonnée et depuis 2002 c'est un marché couvert et un espace d'expositions) avec ses deux grandes portes . Il est aussi l'auteur depuis 2012 de l'ascenseur panoramique niché dans le clocher de cette même église : au sommet vue garantie sur la ville à 360° !

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 ( L'eglise Sainte-Marie, hier et aujourd'hui)

 La visite de la ville : c'est revisiter l'histoire  et que dire de la visite de nuit à la lueur de l'éclairage au gaz qui met en valeur l'architecture . Nous citons parmi les principaux bâtiments   : La Cathédrale Saint-Sacerdos, la lanterne des morts, l' Hôtel Magnanat, l'Hôtel Plamon,l'Hôtel Chassaing, les Enfeus, la Place de la Liberté, la rue des Consuls, l' Hôtel de Grézel , le Palais Épiscopal, l'Hôtel de Vassal, l'Hôtel Fournier-Sarlovèze, etc... à l'ouest en traversant la rue de la République ( la Traverse) les restaurations se poursuivent et vous pouvez en parcourant les petites rues pavées y admirer  : la Chapelle et ancien monastère des Récollets, la chapelle des Pénitents- Blancs, la Tour du Bourreau, la Brèche de Turenne, l' abbaye Sainte-Claire ( ancien couvent des Clarisses) etc ... cette liste est non exhaustive

SARLAT est aussi renommée depuis 1952  pour son festival des Jeux du Théâtre, en juillet août et ,  durant l'hiver depuis  1991 se tient le Festival du cinéma dont le meilleur film est récompensé par la Salamandre d' Or, la salamandre figurant sur les armoiries de la ville. On ne compte plus les cinéastes qui viennent y tourner des films  à reconstitution historique, plus de 80 à ce jour pour la qualité de son patrimoine architectural.( voir blog lettre C cinéma pour plusieurs films tournés à Sarlat)

D'après Sources : Sarlat Histoires et Légendes de JL Aubarbier et Francis Lasfargue, Ed. Sutton 37300 Joué Les Tours 2001 -  des mêmes auteurs " Sarlat " Ed; Ouest France  2009 - SARLAT, 2000 ans d'Histoire de Jean Caubet, Ed.La Maison des Gazettes à Sarlat, du 15 septembre MCMLXXI - Pour vous renseigner quelques sites de référence : http://www.sarlat-tourisme.com - http://www.sarlat.fr ( Mairie de Sarlat)- http://www.festivaldufilmdesarlat.com ( le festival du Film de Sarlat)- http://www.festival-theatre-sarlat.com

 

Malraux

 

 

 

 

 

 

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25 août 2014

LE MARÉCHAL DE CANROBERT ( 46 LOT)

Mal

C'est à Saint-Céré ( Lot) le 27 juin 1809 que naît François Certain de Canrobert, son père est un ancien officier resté fidèle à Condé et qui avait émigré en 1791.

Il entre à l' École de Saint-Cyr en 1826 pour en sortir en 1828 : Sous-Lieutenant et intégrer le 47ème régiment d'infanterie en ligne. C'est dans ce régiment qu'il va servir et obtenir ses promotions : successivement il sera promu : Lieutenant, Lieutenant-Adjudant-Major et Capitaine en 1837 en Algérie où le régiment est en service. Ayant été blessé à Constantine, il regagne la France où il sera fait Chevalier de la Légion d' Honneur, en 1839 il aura pour mission d'organiser le 1er bataillon de la Légion Étrangère.

Il retournera en Algérie  ( de 1841 jusqu'en 1850), il sera promu Colonel en 1847 après s'être distingué dans de nombreuses expéditions dont : Bou-Sada, Zaatcha. Pour ses ses nombreux faits d'armes  il devait être être élevé à la dignité de  Croix de Commandeur de la Légion d' Honneur  en 1849.

En 1850  le Prince-Président Louis-Napoléon Bonaparte  le nomme Général de Brigade et en fait son aide de camp. Il devait devenir un fervent soutien du Prince-Président et il figure parmi ceux qui ont préparé le coup d'état du 2 décembre 1851. Le Prince-Président devenu  l'Empereur Napoléon III le confirme dans ses fonctions d'aide de camp.

 

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(Photos extraites du site de notre ami http://www.mesvoyagesenfrance.com Michel Vincendeau, pour mieux connaître Saint-Céré: cliquer sur départements visités et ensuite sur " Lot  46 " et dans la liste alphabétique rechercher saint-Céré) et encore mille mercis pour sa sympathie qui vous permet de voir de belles photos.)

 

L'empereur le récompense en le nommant Général de division en 1853 et commandant de la 1ère Armée d' Orient : durant la guerre de Crimée  il sera blessé à la bataille de l' Alma et à Inkermann (1853). Le Maréchal Saint-Arnaud  Commandant en chef décède c'est   Canrobert qui sera nommé Commandant en chef et mettra le siège devant Sébastopol. A la suite de désaccord avec le général en chef des troupes anglaise Lord Daglan, il remet son commandement au Général Pélissier ne conservant que la commandement de la 1ère armée, peu après  il regagne Paris où il est élevé au grade de Maréchal de France, et entre au Sénat en 1856.

Il devait assumer  par la suite plusieurs commandements militaires : en 1858 à Nancy les divisions de l' Est ; en 1859 il participe aux batailles de Magenta et Solférino à la tête du 3ème corps de l'armée d' Italie. Au cours de sa longue carrière il assumera plusieurs commandements  dont :  le 4ème Corps d'armée à Lyon : en 1865  le 1er corps d'armée  et la 1ère division militaire à Paris.

En 1870 lors de la guerre contre la Prusse il dirige le 6ème corps de l' armée du Rhin, encerclé dans Metz avec  son armée il est fait prisonnier   le 28 octobre 1870 et emmené en Allemagne. Libéré il rentre à Paris où il sera à partir de 1871 : Président de la commission de classement de l'avancement de l'infanterie, Président de la commission chargée d'étuder les modifications à apporter aux lois et ordonnances qui régissent l'avancement dans l'armée ( de 1871 à 1876).Membre du Consel Supérieur de la Guerre et membre du comité de Défense ( 1881-1883)

Elu Sénateur du Lot en 1876, puis sénateur de la Charente en 1879 il siégera au sein du groupe " L'appel du Peuple" - le parti Bonapartiste jusqu'en 1874. Fidèle à la mémoire de Napoléon III il ira assister à ses funérailles en Angleterre en 1873.

Il décède à Paris le 28 janvier 1895, il était le dernier survivant des maréchaux du Second empire. Ses restes reposent en la Cathédrale Saint-Louis-des-Invalides à Paris, dans la crypte. Sa ville natale lui a élevé une statue.

( Sources : pour plus de détails sur la biographie du Maréchal Canrobert  vous pouvez consutler les sites : Dictionnaire des parlementaires français : http://www.senat.fr ( extraits du " Dictionnaire des parlementaires Français " de Robert et Cougny 1889) et "Dictionnaire des parlementaires Français " de Jean Jolly 1960/1977.) et http://www.napoleon.org/fr - Fondation Napoléon -

St Céré3

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18 août 2014

UN BAIL A CHEPTEL DE CHÈVRE EN 1590 ( 24 DORDOGNE)

" D'ancienneté, en Périgord, les petits cultivateurs pauvres et peu instruits ont pris des bestiaux à garder, nourrir et soigner, à condition de profiter de la moitié du croît  ( Littré : terme d'agriculture : augmentation d'un troupeau par les naissances de chaque année. Le cheptel se donnera à perte et à croît. Bail à croît : bail de bétail fait à charge d'un partager le produit) ) et de supporter la moitié de la perte. C'est le bail à cheptel, qui était en usage dans les campagnes. Ses plus anciennes règles sont mentionnées dans les statuts autorisés par Jeanne de Pons, dame de Bergerac, et Archambaud III, comte de Périgord, son mari, ensuite par Roger Bernard frère de celui-ci, confirmés en 1337 par Philippe de Valois ; en 1368 par Edouard de Galles et depuis par divers rois de France - ceci figure dans les coutumes de la ville de Bergerac.

" Ainsi on trouve un acte notarié à la date du 9 février 1590, constatant une convention de ce genre intervenue entre un menuisier de la paroisse de st-Vincent d'excideuil et le représentant d' Henri de Saint Astier, seigneur des Bories, d'Antonne, Sarliac et Savignac, gentilhomme ordinaire de la Chambre du roi Henri IV. 

Le fonds de bétail loué pour une période de trois années, consistait en une chèvre blanche, à la charge par le preneur de partager le croît et de livrer, à la première année , six fromages et à chacune des deux autres années douze fromages. Il était indiqué : Si aucun baille à un autre quelque baste à nourrir et se retient sur icelle certain prix ou cabal à moitie gain ou perte ; s'il y a du gain ou de la perte, le gain qui excédera le dit prix ou cabal, ou de la perte s'il y en a, seront répartis également entre eux."

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CUBJAC ET LE PONT

(Source photographie : Wikipedia : CC BY-SA 3.0 " Cubjac-Auvezère  par Père Igor - Travail Personnel, 17 Août 2008)

 

L'estimation qui dut être faite de la chèvre ainsi donnée à cheptel, au moment où commença le bail, n'ayant pas été indiqué dans le bail, il est à croire qu'elle fût faite devant témoins hors la présence du notaire.

Un fait curieux, à un autre point de vue, reste à signaler que ce bail à cheptel, c'est la livraison des fromages. Elle prouve que, dès le XVI ème siècle, la fabrication de fromages, avec le lait de chèvre, était en honneur dans cette partie du Périgord. On les appelait  fromages de Cubjac -, parce que leurs fabricants les apportaient, chaque semaine, à Cubjac, où la vente en était facile et où se tenaient les marchés les  plus importants du canton de Savignac-Les-Eglises. Le chevalier Lagrange-Chancel, ayant passé à Cubjac en 1730, dépeignait ainsi cette localité : - Cubjac, gros bourg, accompagné d'un beau pont de pierre ; sa réputation par ses marchés et par la quantité de truffes et de petits fromages de crème qu'on y vend - ."

 

( source d'après  : Bulletin n °  T 37/1910 : SHAP ( Société Historique et Archéologique du Périgord), relaté par Monsieur A. Dujarric-Descombes.

 

Odilon chevre

 

 

 

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11 août 2014

SAINT- ETIENNE- LA- GENESTE ( 19 CORRÈZE)

Les pays des gorges de la Dordogne forment une partie des plateaux dit périphériques. C'est la région la plus accidentée du Limousin où alternent plateaux et vallées. Dans la presque totalité de son cours supérieur la Dordogne est profondément encaissée. Tous ses affluents et sous-affluents, qu'ils descendent de la montagne ou des plateaux limousins intermédiaires incisent profondément la roche pour la rejoindre. Les gorges de la Triouzoune, de la Diège, de la Luzège ou du Doustre en rive droite, présentent toutes un profil en V très fermé créant un relief compartimenté caractérise par des pentes très fortes isolant entre elles des plateaux souvent de petites dimensions 

 

Les plateaux de Neuvic et Bort-les-Orgues étagés entre 600 et 800 mètres appartiennent au domaine de la Haute-Corrèze, tandis que ceux de Lapleau, Marcillac-la-Croisille et de la Roche-Canillac élevés de 500 à 600 mètres, appartiennent plutôt à la moyenne Corrèze. C'est aussi la topographie marquée qui rend les climats variés et plutôt cléments entre les fonds de vallées très encaissées et les plateaux élevés.

 Traversée par l'Artaude qui va se jeter dans la Dordogne, la petite commune de Saint-Etienne -La -Geneste dont l'origine du nom proviendrait de Saint Etienne, premier martyr de l' église chrétienne : durant la révolution de 1789 le nom du Saint fut supprimé subsista " La Geneste" . 

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(Photos tirées du site de notre ami : http://www.mesvoyagesenfrance.com  - vous pourrez en voir d'autres sur ce charmant villages en lui rendant visite, et encore merci  à Michel Vincendeau de nous autoriser à les  publier )

On y trouve un  riche patrimoine historique  :  Saint- Etienne- La- Geneste était un prieuré, dépendant du doyenné de Mauriac dont le titulaire était le décimateur - le curé qui avait le droit de lever la dîme dans la paroisse, ce qui fut aboli en 1789) connu dès 828,  puis rattaché au diocèse de Tulle. Le sanctuaire du XIIème siècle n'a subi comme modifications au XVIII ème siècle que l'adjonction de chapelles latérales dans le choeur et de contreforts sur sa façade occidentale. l' Eglise romane voûtée en berceau . Inscrite aux Monuments Historiques le 20 juillet 1972. L'église renferme aussi  :  une statue de Saint-Etienne datant du XVII ème siècle, une Vierge à l'enfant  (protection M.H du 01.06.1976 ) ; une statue de Saint-Jacques le Majeur du XVII ème siècle, un bénitier du XIII ème et un autre bénitier du XV ème ( Protection des M.H du 15.01.1970). 

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( Source photo : Base Mérimée : http://www.culture.gouv.fr/culture/inventai/patrimoine/ et documentation sur l'Eglise et ses trésors)

 A Laveix, commune de Saint-Etienne-la-Geneste :  le Château de Laveix construit  à partir de 1615, constitué de deux terrasses et bordée par la rivière l' Artaude  . Il est aujourd'hui propriété privée. Sont inscrites à l'inventaire supplémentaire des M.H depuis le 30 mars 1979 : les façades et les toitures, l'escalier intérieur, la salle sud-ouest avec son décor et les deux cheminées en pierre de la salle nord-est au 1er étage.

 Saint-Etienne-La-Geneste à la particularité d'offrir un enclos paroissial qui est unique en Limousin.  L'enclos réunit : l' église romane, le presbytère, le cimetière et le monument aux morts. On pouvait aussi y voir un tilleul dit : " Arbre de la Liberté", ces tilleuls ont été plantés vers 1600 par Sully sous le règne d' Henri IV plus particulièrement sur les places publiques des villages. Lors de la révolution de 1789 l'idée fut reprise et l'on assista à la plantation des " Arbres de la Liberté ". Malheureusement celui qui trônait sur la place a du être abattu en 2006 mais il a été remplacé. On peut aussi voir une fontaine que l'on appelait autrefois " les fontaines de dévotion" .

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 Ce village se trouve sur l'itinéraire de la Méridienne Verte ( méridien qui a servi à l'élaboration du mètre). Pour les cérémonies du passage à l'an 2000 il s'agissait de matérialiser le méridien de Paris qui traverse la France du Nord au Sud, en plantant des arbres tout au long de son tracé.

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04 août 2014

LA MAISON DE LA FORÊT DE MIERS (15 CANTAL)

La rivière l' Auze  - affluent en rive gauche de la rivière Dordogne - en lisière de la forêt et principal territoire de chasse des " petits rhinolophes", chauves-souris de la Maison de la forêt, serpentant à travers ses gorges vous fait découvrir la forêt domaniale de Miers et ses sentiers boisés d'une superficie de 359 ha.

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A l'origine la forêt était un bois royal de 70 ha du massif actuel dépendant de la " Seigneurie d'Escorailles" ( fondateur de l' Abbaye de Brageac non loin, en 1105, pour ses futures Abbesses) ) puis par cession en 1662 ce furent ces mêmes  Abbesses de Brageac qui en furent propriétaires et ce jusqu'à la Révolution de 1789 date à laquelle la forêt fut incorporée au domaine d' l'état et depuis 1929 par le jeu de multiples acquisitions sa surface fut multipliée par cinq.

C'est dans ce cadre protégé que vous trouverez un trésor dans la forêt : " L'ÉCOMUSÉE DE LA FORÊT DE MIERS", au lieu Le Pestre, anciennement " Le Pistre" qui est un village situé sur les bords de la rivière l' Auze, sis sur la commune de Tourniac (15).

 

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Vous y trouverez une présentation de tous les anciens métiers de la forêt : le garde-forestier dont la première ordonnance royale date de 1219 ; il est le gardien de la forêt et veille à toutes les interventions qui s'y déroulent tout au long de la vie de la forêt. L'ouvrier agricole qui intervient sous les ordres du garde-forestier. Le bûcheron, le débardeur : " le charretier" qui tire les troncs d'arbres de la forêt à l'aide de chevaux et de boeufs. Le bardeautier qui fabriquait " les bardeaux", des tuiles en bois fixées sur les toits des maisons du pays. Le charbonnier, le sabotier, le scieur de long, le mérandier, le tonnelier, le gabarier, le feuillardier. Tous les anciens métiers qui ont fait vivre la forêt et les villages alentours. Leurs outils sont exposés et commentés.

Au 1er étage, se trouve une exposition permanente d'oiseaux et d'animaux naturalisés au XIX ème siècle, don en 2009 de Madame Liliane Lafon et provenant de son ancêtre : Monsieur l' Abbé Lacroix de Pleaux. A cette époque, la Maison de la Forêt était gérée par un syndicat Intercommunal, dont le président était Monsieur Galtier Alain, Maire de Tourniac, auteur d'expositions consacrées aux " Oiseaux de nos forêts" ainsi qu'aux " Fables de Jean de La Fontaine".

Enfin la curiosité sur le domaine de la Maison de la Forêt de Miers réside en la présence de nombreuses chauve-souris en gîte d'été sur le site : environ 2 centaines de chiroptères investissent les lieux dès mars-avril, pour notamment mettre bas à la fin juin ( petits-rhinolophes et pipistrelles).

D'ailleurs, la saison 2011 avait été consacrée à l'exposition de chauves-souris mise en place par l' association " Chauves-souris en Auvergne " ( voir le blog lettre " A " associations : du 19 avril 2012)

Des mammifères à observer et à ne pas déranger !

 

 

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 Figure 1 : Atelier du charbonnier, près de la " Meule" ; Figure 2 : Atelier du " passe-partout" et les explications de l'animatrice

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Figure 1: Grand corbeau et aigle de Bonelli naturalisés - Figure 2 : rossignol philomène et milan royal naturalisés.

La  Maison de la forêt de Miers est aujourd'hui gérée par l' Office de Tourisme  du Pays de Salers et  a trouvé en la personne de Madame Claudine Hebrard son animatrice enthousiaste, ses connaissances, sa soif de faire passer à ses nombreux visiteurs la mémoire et les traditions de ce qu'était la vie d'autrefois dans cette contrée chargée d'histoire, le goût de la forêt, le devoir de la préserver pour les générations futures car elle est la propriété de tous. Des animations vous y attendent .

Au départ de la Maison de la forêt enfoncez vous dans les bois pour y respirer les essences de plus de 60 arbres ... et aussi vous pourrez visiter " La Maison des rapaces" à CHALVIGNAC, " Le Conservatoire des Traditions rurales du Pays de Mauriac" et la " Maison de la paille et du grain" à Escorailles, et plus encore non loin de là juste au dessus les barrages de l' Aigle à Chalvignac et de Marèges.

 

( Sources : d'après un texte de Madame Claudine Hebrard - avec nos remerciements   et aussi pour les photos fournies)

Maison de la Forêt de Miers Le Pestre 15700 Pleaux-Yourniac, Heures d'ouverture : Juin/juillet/Août : tous les jours de 10h30 à 18h00 ( fermé le vendredi)- Mai et Septembre : sur réservation. Tél 04 71 68 22 29 / 04 71 40 58 08 - Maisondelaforet@pays-salers.fr

Communauté de Commune du Pays de Salers : http://www.pays-salers.fr et Office de Tourisme du Pays de Salers : http://www.salers-tourisme.fr

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