l'ABC de Riviereesperance

22 novembre 2016

SAINT JULIEN AUX BOIS (19 CORRÈZE)

A l'est de Saint-Privat, l'imposante forêt de Quinsac ( 750 hectares) sépare Saint-Julien-aux-Bois  du Cantal. Proximité lisible dans son toponyme puisque la préposition " aux" a remplacé " ô" qui signifiait " auprès du bois". Au XII ème siècle elle était mentionnée sous le nom de Saint Julien d'Alboy qui restera jusqu'à la Révolution et  prendra lors le  nom alors de Julien-Quinsac, pour revenir plus tard à Saint -Julien -aux -Bois.Ce joli village se situe dans la région de la Xaintrie, c'est un plateau entaillé de gorges profondes qui sont formées par les trois rivières : la Maronne, la Cère et la Dordogne.

La commune s'étend selon un habitat dispersé caractéristique avec  ses dix hameaux elle est bordée au sud par la Maronne affluent de la rivière dordogne. C'est un ancienne  viguerie (Une viguerie ou vicaria est une juridiction administrative médiévale dans le Sud de la France  apparue à l'époque carolingienne. Elle tient son nom de celui du lieu où elle était rendue. Elle était administrée par un viguier, c'est-à-dire un juge dont les compétences varient, selon les régions et les époques, du juge de cour d'assises à celui de juge de paix rural. Les vigueries ont disparu en grande majorité sous Louis XV en 1749, suite à un édit supprimant les petites juridictions.  Source  d'après  : http://dictionnaire.education/fr/viguerie.

La châtellenie d' Alboy, installée dans la vallée de la Maronne était possession de 1157 à 1633 de la famille d' Alboy ( village disparu) .L'histoire de la famille d' Alboy est racontée par un de leurs descendants Monsieur Gérard d'Alboy , sur le site de nos amis : http://www.xaintrie-passions.com, très documenté avec de nombreuses photos. Le château actuel, édifié au XVII ème siècle fut remaniée à plusieurs reprises au XVIII ème siècle, dans le village la rue du château a gardé ses maisons intactes avec leurs annexes construites en gros appareil de granit ( 18ème et 19 ème), matériau majeur dans la région. sur le site de nos amis 

 

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(  en haut rue du village et Eglise ci-dessous, photos du site de notre ami : http://brive.pagesperso-orange.fr qui nous aide et nous faire découvrir sa belle Corrèze, merci à lui)

L'église placée sous le patronage de Saint Julien Martyr, est récente. En piteux état au XVIII ème siècle, elle a été restaurée et agrandie au XIX ème siècle. Elle renferme quelques pièces intéressantes : une croix de procession qui serait datée du XII ème siècle, un tableau : L'' adoration des Bergers du XVI ème siècle et un calice  (18ème/20ème siècles). Le presbytère daté des XVII et XX èmes siècles est un très beau bâtiment  qui est aujourd'hui propriété de la commune.

 

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( photo extraite du site de nos amis : http://www.xaintrie-passions.com, à ne pas manquer de visiter , merci à eux de leur collaboration)

Non loin du village on trouve la Chapelle Saint-Pierre-aux Liens qui renferme une croix processionnelle en laiton du XII ème siècle. L'été le premier dimanche du mois d'août se déroule une procession à l'initiative des : "  Amis  de la Chapelle Saint-Pierre." Non loin on trouve aussi "La fontaine des sourds", fontaine réputée pour guérir de la surdité et objet de nombreux pèlerinages jadis dans ce que l'on appelait les " fontaines de dévotion" .

 

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( photo extraite du site : http://croixdeschemins.blogspot.fr)

Aux alentours : Au Puy de Quinsac un superbe panorama sur les monts du Cantal et la ville voisine de Pleaux. On trouve aussi des croix de granit, caractéristiques du patrimoine régional :   La Besse ( au nord de Saint Julien) se trouvent un manoir et une croix de granit datée du XIV ème siècle sur fût pyramidal à bubons. ( le mot bubon est un terme ancien ayant pour synonyme : abcès, pustule.  La peste sévit dans le Massif Central dès 1580. C'est à ce moment là que les croix à bubons se multiplièrent dans la région témoin de l'épidémie. Les protubérances arrondies sculptées sur le fut des croix évoquent la peau des pestiférés. Ces croix étaient à la fois des ex-votos des malades ayant survécu à l'épidémie et des supplications pour demander que le fléau ne s'abatte pas sur le village. source : http://croixdeschemins.blogspot.fr/2009/09/les-croix-different-dabord-par-leur.html, site très intéressant, la photo ci-dessus  en est extraite)

Sur le territoire de la commune se trouvent " les fermes du Moyen-Âge en Xaintrie" reconstitutions fidèles de chaumières aux murs de pierre et toit de chaume dans leur environnement de jardins et vergers et que l'on doit à Monsieur Pierre Gire et son père que après plus de 20 années de recherches ethnographiques ont reconstitué cet habitat, la visite, en attendant de vous y rendre !!! vous pouvez la faire sur le site de http://www.xaintrie-passions.com.

 

 

 

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10 novembre 2016

GLOSSAIRE :CES ORGANISMES QUI VEILLENT SUR LES RIVIERES ET SUR NOTRE RIVIERE DORDOGNE (3/2016)

Les rivières font l'objet d'un suivi permanent que ce soit sur le plan de la faune, de la flore, de leurs débits, et bien d'autres éléments leur permettant de continuer à vivre, mais de nombreux organismes sont chargés de veiller à leur bonne tenue, c'est à dire : les éclusées, les débits, les crues, un travail de fourmis bien souvent ignoré par le commun des mortels, mais indispensable. La rivière Dordogne, a certes été canalisée par la construction des grands barrages au siècle dernier, mais il n'en reste pas moins qu'elle continue à être observée, scrutée en permanence, voici ci-dessous le travail qui est accompli par 

 

Infos1

( Source : www.debits-dordogne.fr, site réalisé par EPIDOR, Etablissement public territorial du bassin de la Dordogne pour suivre et comprendre l'évolution des débits sur les rivières du territoire. Il fonctionne grâce à des données de débits mesurés, de remplissage de barrages ou de prévisions de lâchers d'eau depuis les aménagements hydrauliques, mise à disposition par les producteurs. ll a pour objet de diffuser au grand public ces informations avec un éclairage pour apprécier la situation des cours d'eau)

Gabare1

gabare2

( Ce jour là : pas de promenade en gabare au départ de la Roque-Gageac, trop d'eau .....)

( photos studio plume et eau)

Glos

barrages1

 

Vigiecrues1

( VIGICRUES : www.vigicrues.gouv.fr : DREAL Aquitaine, Service de prévisions des crues : Gironde-Adour-Dordogne ( bassin Dordogne)

Bassin-adour-garonne

 

Bassin-AG1

 

( Source : http://www.aquitaine.developpement-durable.gouv.fr/crues/ 

 

La crue : phénomène hydrologique de base, est l'augmentation plus ou moins brutale du débit et par conséquent de la hauteur d'un cours d'eau. En général on distingue deux types de crues : les crues fluviales et les crues torrentielles même si le passage de l'une à l'autre se fait de façon continue. Les crues fluviales, souvent saisonnières affectent les cours d'eau importants aux vastes bassins versants ; en général la montée des eaux y est lente. Les crues torrentielles ou rapides, subites, brutales, soudaines ou encore éclair affectent n'importe quelle partie du réseau hydrographique ; elles sont souvent dues à des pluies de caractère convectif très violentes et localisées ; elles sont caractérisées par une évolution très rapide, la montée des eaux étant très brutale. Le mot  " crue pluviale" est parfois employé pour des crues torrentielles dues à une pluie très intense et localisée. On parlera de " crue simple ou élémentaire "  pour une crue qui est le résultat d'un seul épisode pluvieux.

 

 

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( L'échelle des crues à Bergerac près de la Dordogne)

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29 octobre 2016

LA FILEUSE DE JUMILHAC ( 24 DORDOGNE)

Si vous visitez le château de Jumilhac ( voir blog 13 avril 2015 ) au second étage donnant sur la façade principale dans la tour barlongue, se trouve la chambre dite " de la Fileuse".

Selon la légende du pays, une comtesse de Jumilhac, Louise d' Hautefort, soupçonnée d'infidélité, y aurait été enfermée par son mari jaloux. La jeune femme filait la laine à longueur de journée, avec cette compensation toutefois qu'elle pouvait échanger, grâce à des fuseaux complices, d'amoureux messages avec son galant qui, pur ne pas attirer l'attention des gardiens s'était fait berger au château.

Chat jumilhac ok

Qu'advint-il de cette douce idylle ? Ici les versions différent. Les unes disent que l'époux tua son rival un jour qu'il le surprit au pied de la tour ; les autres que le seigneur de KJumilhac, revenu de la guerre, confessa son erreur et se remit avec son épouse , tandis que le soupirant entrait en religion. On n'est pas fixé non plus sur la durée de réclusion de l'héroïne. Une carte postale illustrée du XIX ème siècle nous fournit le mot de la fin :

" Pendant trente ans, la Fileuse fila dans cette chambre sans pouvoir en filer"

 

Fileuse-port

On peut voir, peint sur une porte son portrait. Elle est représenté en pied, de la main droite la Fileuse tient un fuseau et de la gauche sa quenouille. Au dessus de la tête de la dame est peint le blason de la Maison d' Hautefort " d'or, à trois forces de sable".

( Sources : Un château de légende Jumilhac en Périgord de Mr Géraud lavergne, Archiviste en chef Honoraire, 1978 Virmouneix Editeur Imprimeur à Thiviers ( Dordogne)

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16 octobre 2016

LE CHATEAU DE BIRON - /2 (24 DORDOGNE) suite en photos ......

A la suite du premier article consacré au Château de Biron, Odilon n'avais pu mettre en ligne une bonne partie des photos, aussi il consacre ce billet à une promenade photographique dans et aux panoramas du Château. Bonne visite.

 

la halle

( La halle, au coeur du village et à proximité du château, qui abritait le marché et les mesures à grains)

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(A l'entrée, la galerie reliant la chapelle à gauche, à droite la porte d'entrée, Tour du concierge,  détails de la charpente d'origine. )

 

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(Vue extérieure de la chapelle basse servant d'église aux gens du village ( la chapelle haute était réservée aux seigneurs, l'entrée se trouve dans la cour du château) 

 

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( Gisant de Pons de Gontaut, mutilé durant les guerres de religion. Le bas relief représente des scènes tirées de la vie du Christ et tout particulièrement la résurrection de Lazare. Pons de Gontaut, était chambellan de Charles VIII, c'est à lui que l'on doit la chapelle du château en vertu d'une bulle du pape  d' Alexandre VI en 1495. Dans cette chapelle placée sous le vocable de Notre Dame de la Pitié il fut autorisé à fonder six vicairies perpétuelles. En 1549, une seconde bulle érigea la chapelle en église collégiale.)

 

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( Entrée de la chapelle Au dessus de la porte , les armoiries des Gontaut-Biron ont été martelées comme partout dans le château. La statue centrale a disparu.

 

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( Fenêtre à larmier du château de Pons, à droite entrée vers le logis)

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( une des deux lucarnes Renaissance de la tour du concierge et détails)

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( depuis le portail nord de la cour basse, vue sur le château de Pons, détails)

 

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( En contrebas du château, une partie du village et son église du XII ème siècle)

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06 octobre 2016

LE CHATEAU DE BIRON ( 24 DORDOGNE)

 A  quelques kilomètres au sud de Monpazier, aux confins du Périgord et de l’ l’ Agenais , se dresse fièrement le château de Biron (  une des quatre Baronnies du Périgord : les autres étant  : Beynac, Bourdeilles et Mareuil). C’est le plus important des châteaux du Périgord, on peut dire qu’il y a plusieurs châteaux d’époques différentes, car depuis le XII ème siècle il appartint à la famille illustre des Gontaut et ce jusqu’en 1938, soit 24 générations .

Enjeu de conflits entre les comtes de Périgord et ceux de Toulouse, avant de passer sous la suzeraineté des Rudel, seigneurs de Bergerac, ce territoire sert au Moyen-Âge de frontière aux Rois-Ducs ( Rois d’Angleterre et Ducs d’Aquitaine), durant le conflit interminable  qui les oppose à leur suzerain : les rois de France.

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 photo extraite du site de notre ami : http://vent.ouest.pagesperso-orange.fr/text/index.html d'autres photos aériennes du chateau à y voir, merci à lui)

Dès le XI ème siècle  une forteresse médiévale existait à cet emplacement. Incendié au XIII ème siècle, reconstruit et  pris, repris par les anglais durant la Guerre de Cent Ans ( le siège le plus destructeur fut celui de 1463 où le château fut incendié) il fut transformé à la fin du XV et XVI ème siècles par Gaston VI, son fils Pons et son arrière-petit-fils Jean.

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( Plan du château extrait de la  brochure  " visiter le Château de Biron de Mme Anne-Marie Cocula, " Editions Sud-Ouest  1999)

 

 

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 ( Tour de la conciergerie, accès au chateau)

 

 

 

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 ( La Tour anglaise - photos  Studio Odilon)

On pénètre dans le château par une tour carrée dont la base est du XIII ème siècle mais qui fut remaniée aux XV et XVI èmes  siècles. Le chatelet qui possède une porte et une lucarne ouvragées nous introduit dans une première cour. Jouxtant la tour d'entrée, une loggia Renaissance nous conduit à la chapelle collégiale.  Construite sur deux étages elle possède deux nefs superposées. le rez de chaussée donne sur le village et sert d’église paroissiale. Le premier étage qui s’ouvre sur le château est la chapelle seigneuriale. Voûtée d’ogives, elle contient les tombeaux richement sculptés et surmontés de gisants des bâtisseurs  de la chapelle et rénovateurs du château : Pons de Gontaut mortel 1524 et son frère Armand, évêque de Sarlat  mort en 1531. ( qui ont été endommagé lors de la Révolution Française).

 

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 ( La chapelle et les tombeaux de Pons de Gontaut, baron de Biron mort en 1524, et de son frère Armand eveque de Sarlat, mort en 1531)

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Au nord de la cour basse se trouve ce que l’on appelle la Tour de la recette, petit manoir du XIV ème siècle où les paysans venaient payer la dîme au seigneur. Symétriquement opposée à cet édifice et de la même époque se dresse une tour ronde, la tour Saint Pierre.

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( En haut à droite : La Tour de la Recette , à gauche le peristyle vue extérieure, en bas l'arrivée au chateau)

 

On accède à la cour d’honneur par un escalier et un couloir voûté d’ogives. Sur cette cour s’ouvre un portique à colonnes. A droite le bâtiment seigneurial du XVI ème orné de fenêtres Renaissance se compose de belles salles restaurées, ces appartements sont plus vastes que ceux de l’ancien château.  Pons de Gontaut Biron, très influencé par la renaissance italienne et les nouveaux châteaux royaux de Blois et d’Amboise soignera la décoration de son nouveau logis.

A gauche le corps de logis de la fin du XVI au XVII ème  présente un bel escalier qui donne accès à  la grande salle des États, dont la remarquable charpente carénée a été restaurée au XX ème siècle.

 

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( En haut la cour d' honneur, en bas le Logis de Pons)

 

 

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( La cour d'honneur, à gauche le bâtiment des maréchaux)

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( détails de la cour d'honneur et du Péristyle)

 

Au fond de la cour, un péristyle à fines colonnes duXVII ème s’ouvre sur un splendide panorama portant au loin.

Au sous-sol la cuisine,  étonnante par sa voûte ,  Charles Armand de Gontaut Biron en 1721 fait appel à Tranchant, ingénieur entrepreneur de Bordeaux pour faire la voute de cette pièce , ouvrir les chemines et installer le grand potager, la citerne communiquant avec la cour d’honneur sera maçonnée à la même époque par Ricard fontainier bordelais. Le petit potager sera rajouté au XIX ème siècle.

 

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( Intérieur du château)

 

cuisines

 

( cuisines)

A la veille de la Seconde Guerre mondiale, il cesse d’être la propriété des Gontaut Biron, avant de devenir en 1978 alors qu’il était menacé de ruine totale, propriété du département de la Dordogne qui va entreprendre un travail de restauration titanesque sous la houlette des architectes des Monuments Historiques. Le  château  a retrouvé son lustre et sa vie, preuve s’il en était les nombreux visiteurs qui s’y pressent, les expositions de prestige qui s’y déroulent, comme en ce moment depuis le 20 juin jusqu'au 6 novembre " Les Messagers", chefs d'oeuvres de la Fondation Maeght : 77 oeuvres d'art, dessins, gravures et parmi les 27 artistes représentés on retrouve: Georges Braque, Alberto Giacometti, Joan Miro, Alexander Calder pour ne citer qu'eux.

Depuis le 17 février 1928 le château est classé Monument Historique.

( Bibliographie : Dictionnaire des châteaux du Périgord Guy Penaud, editions sud-Ouest 1996 / Nouveau Guide du Périgord-Quercy de JL Aubarbier, Michel Binet et Guy Mandon  1987)

Pour tous renseignements vous pouvez vous rendre sur le site de la Semitour : http://www.semitour.com/site-touristique/château-de-biron

 

 

 

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