Une des grandes artères de Marseille porte le nom de Henri de Belsunce, et on ignore souvent que ce dernier est né le 9 décembre 1670 au Château de La Force - non loin de Bergerac-( son acte de baptême conservé aux archives municipales de Bergerac, dressé le 21 décembre 1670 déclarant l'enfant âgé alors de douze jours), chez son grand oncle maternel Armand Nompar de Caumont-la-Force, famille qui s'est illustrée dans les domaines militaires, politiques, scientifiques et littéraires de l'histoire nationale.

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 ( acte de naissance de Monseigneur de BELSUNCE, archives Municipales de Bergerac)

Henri François Xavier de Belsunce son père : Armand de Belsunce, marquis de CASTELMORON était  sénéchal et gouverneur des sénéchaussées d'Agenais  et du Condomois, sa mère : Anne de Caumont de LAUZUN était la soeur du célèbre duc de LAUZUN. Après des études à Paris au collège Louis-le-Grand alors dirigé par les Jésuites il décida d'entrer dans les ordres mais son état de santé devait l'obliger à regagner le Périgord afin d'entrer au séminaire de Périgueux, puis il ira à Bordeaux auprès de la compagnie de Jésus ( Jésuites) finir ses études religieuses.

En 1703 il devient Grand Vicaire du diocèse d' Agen sous la houlette de Mrg Hébert, Vicaire Général. On reconnaît  à Henri de Belsunse une intelligence élevée, une vaste science ecclésiastique, une grande facilité d'élocution, un port imposant, il est ami et bienfaiteur de tous les infortunés consacrant des sommes considérables aux bonnes oeuvres. En 1709, à la suite du décès de l' Évêque de Marseille, il devient à 38 ans le nouvel Évêque de Marseille, il recevra l'onction épiscopale à Saint-Louis à Paris dans l'église des Jésuites, dès lors sa carrière religieuse devait s'écouler en totalité à Marseille.

En 1720, Marseille est l'une des villes les plus florissantes du royaume de France, sa population est de 90 000 habitants, sa richesse provient du commerce généré par le port. C'est par le port que le pire va arriver, un navire apporte la peste en 1720, la maladie couve durant deux mois et puis éclate vers le milieu de juillet 1720. La ville se vide, plus de 1 000 personnes succombent la première semaine. Les villes alentour sont à leur tour atteintes, et malgré les médecins envoyés depuis Paris le fléau continue de s'étendre, le ravitaillement ne se faisant plus la famine ne tarde pas à arriver. Plus personne ne veut enterrer les morts, Mrg de Belsunce assisté par des religieux fait front que ce soit devant le lit des malades, les tombes, il va dans les quartiers le splus pauvres, il a déjà donné et vendu  tout ce qu'il possédait pour venir en aide aux habitants, il est proche de ses paroissiens. A l'hiver la peste quitte la ville par surprise, et ce ne sera qu'au bout de deux années que l'activité portuaire va reprendre.

 

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( Scène de la peste à Marseille ( Tourette) tableau de Michel Serre 1720, Musée Atger de Montpellier)

 

Malgré les offres faites par la Cour à Mrg de Belzunce de le nommer à l' évêché de Laon- deuxième pairie du royaume- et l'archevéché de Bordeaux, il refusa l'une et l'autre préférant rester au milieu de des ouailles toujours ne ménageant pas sa peine au service de Dieu et des hommes. En mai 1775  atteint d'une attaque de paralysie il devait rendre le dernier soupir le 4 juin 1755 à l'âge de 84 ans, dans la 45 ème année de son épiscopat.

 

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La ville de Marseille lui rendit hommage, donnant son nom à une des principales artères - le cours Belsunce. Une statue fut érigée et placée devant la Cathédrale Sainte Marie Majeure " La Major" en 1896, il veille sur sa ville. La ville de Bergerac a donné son nom a une rue, ainsi qu'a La Force, son lieu de naissance.