Pendant des siècles, la rareté des ponts a été palliée par la multiplication des bacs à péage. En effet le long de la rivière Dordogne hormis le pont de Bergerac dont on retrouve traces dès  1209 dans une charte de l' Abbaye de Cadouin   jusqu'à la moitié du XIXème siècle, les bacs ont donc été utiles et utilisés.

Pour aller d'une rive à l'autre, si la profondeur était  assez faible pour que l'on puisse traverser sans nager on aménageait un gué que l'on pouvait passer à pied mais aussi parfois à cheval ou en voiture. Si la profondeur était trop importante il fallait utiliser un bac. Les bacs étaient construits à Spontours ou Argentat et descendus par grandes eaux. Il y avait les naus d'une dimension de 18 m, le passe-cheval de 6 à 9 m et le batelet.Le bac était souvent un bac à traille ( voir lettre T du blog en date du 30 novembre 2009)

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( Bac du FLEIX 24 Dordogne, ce bac était un bateau à fond plat de 12m sur 4, retenu par un câble : la traille, manoeuvré à l'aide d'une gaffe et d'avirons. Il transportait : bétail, véhicules et groupes de piétons. Le passeur percevait 1 sou par par personne en 1914, avant la construction du Pont en 1928,- voir lettre " P" du blog date du 21/10/2009- le bac était l'activité principale du Port du Fleix, Maquette de Michel Blanchard pour Mémoire du Fleix, pho to exposition Journées du patrimoine à Lamonzie-Saint-Martin d' Odilon le Héron)

Mais il y avait le droit de bac ou servitude de bac, droit féodal à l'origine il appartenait exclusivement au Seigneur lequel établissait un passage d'eau et déterminait la redevance à percevoir à son profit : c'était le droit de travers ou droit de pontonnage. Le Seigneur affermait le bac à un fermier qui lui devait redevance et en avait la charge. Le passeur conduisait le bac, quand le passager voulait traverser il hélait le passeur lequel avait obligation de s'exécuter.

Il fallait s'acquitter suivant sa condition, ses marchandises du droit de passage, nous en avons retrouvé quelques exemples attachés au droit de passage du bac de Beynac ( 24 Dordogne il s'agit d'un péage tant par terre que par eau sur la rivière):

-Une charge de graisse : 8 deniers, une charge de souliers, ou de cuirs gros ou menus : 8 deniers- la charge de paille ou de foin, 1 denier- la charge de formages de brebis ou de chèvres, 1 denier- une meule de moulin : 4 deniers- la charge de merlusse : 2 merlusse- la charge de sardines : une poignée - la charge du vin : 1 denier -  Tout habitant de Domme ne doit que demi péage ( Source bulletin de la SHAP, tome 15, 1888)

La Révolution de 1789 mettait fin à tous les privilèges qui étaient remplacés par le droit commun et de nouveaux droits de passage liés à la traversée en bac virent le jour. Ce système devait perdurer jusqu'au XIX ème siècle où la rivière se couvrit de nombreux ponts - qui eux aussi étaient à péage -, la loi du 30 juillet 1880 permit à l' État de racheter les concessions des ponts à péage, le passage devint libre. 

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( bac ayant perduré jusqu'aux années 1950 sur la Dordogne Lotoise http://vivreenquercy.canalblog.com/