LES BASTIDES LE LONG DE LA RIVIERE DORDOGNE
Le Sud-Ouest de la France a été le terrain d'expansion des bastides, le nombre de créations de bastides est évalué entre 350 à 400. ces villes neuves du Moyen-Âge sont nées et se sont développées sur tout le sud-ouest, selon un urbanisme tracé orthogonal pour la plupart.
La volonté de reloger des populations meurtries par la croisade contre le catharisme et les dissensions franco-anglaises qui débutèrent à la fin du XVIIIème siècle ( la guerre de Cent Ans débutant officiellement en 1337) sont à l'origine des premières bastides en terre Albigeoise dans le deuxième quart du XVIIIème siècle. Entre 1251 et 1270 les fondations se multiplient sur la rive droite de la Garonne, à proximité du Lot, du Dropt et de la Dordogne, alors qu'elles s'intensifient dans l'Albigeois et en amont de Toulouse dans la vallée de la Garonne.
A partir de 1271, cette vague de créations originaire des confins orientaux du Bassin Aquitain et issue d'une véritable politique d'aménagement du territoire voulue par les derniers Comtes de Toulouse s'étend à tout le Sud-Ouest, tant dans les régions tenues par le roi de France que par celles dominées par le roi d' Angleterre ( ce dernier était Duc de Guyenne depuis le milieu du XIIème siècle, lorsque Aliénor d' Aquitaine épousa Henri Plantagenet lequel devient en 1154 Henri II d'Angleterre).
Il y aura les bastides de Raymond VII Comte de Toulouse en 1229, à sa mort Alphonse de Poitiers, frère de Saint-Louis prend possession du comté de Toulouse et va donner une grande expansion à l'établissement des bastides jusqu'à sa mort en 1271, surtout pour consolider le pouvoir du roi face aux Plantagenets installés en Aquitaine. Son successeur le sénéchal Eugène de Beaumarchais va continuer en créant 22 bastides entre Adour et Garonne. De son côté Edouard Ier d'Angleterre au départ de Bordeaux va créer et fortifier des bastides délimitant une frontière entre Capétiens et Plantagenets.
Le plan de la bastide fait de la place " la carra" l'élement à partir duquel des parcelles sont réparties en îlots, les "moulons", lesquels sont délimités par le quadrillage des rues : les rues charretières " carreyras" où peuvent se croiser 2 charrettes. Les rues secondaires pour le passage d'une charrette, les ruettes " carreyrats" pour les piétons," les andronnes" espaces entre 2 maisons mitoyennes qui sont trop étroites pour la circulation.
Les rues couvertes par " les cornières" sont généralement autour de la place. La place donne à la bastide sa fonction première : l'échange. La " Halle" s'élève le puls souvent au centre pour abriter les marchandises, la salle du conseil des consuls " la Jurade" se trouvait fréquemment à l'étage.
Le long de la rivière Dordogne et ses affluents on va trouver entre autres les bastides de : Libourne , Sainte-foy-la-Grande , Monségur , sur un éperon au dessus du Dropt, Lalinde, Molières, Domme,Bretenoux ...
Les bastides étaient pourvues d'une charte qui donnait un statut à la population qui venait s'y installer, elle mentionnait des " privilèges" sur la liberté des personnes et l'économie y tenait une place importante.
Pour en savoir plus vous pouvez vous rendre sur le site du Centre d' Etude des Bastides qui depuis 1983 se consacre à leur étude et à la sensibilisation du public pour leur sauvegarde.
Sources : Les Bastides du sud-ouest, de Glles Bernard, Editions Diagram 1990 - Photos extraites du site de notre ami Philippe Dufour, Bastide de Molières (24), de Lalinde (24) son site pour voir d'autres bastides en aérien :http://vent.ouest.pagesperso-orange.fr/, photo satellite de la Bastide de Domme (24) source IGN./Wikipedia.


