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l'ABC de Riviereesperance
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l'ABC de Riviereesperance
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30 janvier 2011

LE FLOTTAGE DU BOIS SUR LA RIVIERE DORDOGNE

De part sa configuration, la Dordogne était plus flottable que navigable entre Bort et Meyronne voire Souillac. Tout simplement parce que la navigation descendante n'était pas permanente tout au long de l'année. La rivière était dite marchande lorsque les argentats et les flottes pouvaient descendre le cours de la rivière.


Wprouvet01Dans son livre " La haute Dordogne et ses gabariers", Eusèbe Bombal indique que le flottage à pièces perdues aurait été imaginé par un nommé Jean Rouvet, bourgeois-négociant de Paris en 1549 bien que, d'après un extrait d' Annie Delaitre-Rélu, cette technique reviendrait à Charles Leconte en 1547 ( http://pagesperso-orange.fr/adelaitre/index.html), même si le flottage du bois, d'après JP Bravard ( Médiévales 36-printemps 1999) était déjà pratiqué à la fin du Moyen Age et peut être bien avant.

De part chez nous, le bois débité dans la haute vallée de la Dordogne et ses affluents comme le Chavanon, la Diège, la Sumène, la Triouzoune et la Maronne, était charroyé voire roulé jusqu'aux cours d'eau pour flottage vers les chantiers et les ports où certaines flottes étaient chargées sur des bateaux en direction de Bordeaux ou de Rochefort pour la construction de vaisseaux de la marine royale.

Pour faciliter le flottage sur la Dordogne, le Marquis de Brancas entreprit des travaux d'aménagement à partir de la confluence de la Rhue ( après Bort-les-Orgues) en 1726 : nettoyage du lit de la rivière et aménagement des berges pour permettre le passage. Cet aménagement permit de gagner du temps : avant, il fallait de 6 à 7 semaines pour faire descendre la flotte. Après, il ne fallait plus que 3 à 4 semaines.

Le flottage du bois répondait à un code. La rive appartenait au premier occupant qui devait, néanmoins, annoncer une dizaine de jours à l'avance la date du départ. Au jour prévu, le bois était mis à l'eau et le travail pouvait commencer.( le bois était rassemblé sur les rives, il était ensuite marqué par leurs propriétaires ; en effet, lorsqu'ils étaient jetés à l'eau,les troncs se mélangeaient. Il fallait pouvoir les repérer facilement)

W_flottage_cere

( flottage du bois dans les gorges de la Cère : source : cantalpassion.com, avec nos remerciements pour leur aide)

Les " flotteurs", armés de gaffes, avaient pour mission de récupérer toutes les pièces qui ne restaient pas dans le courant. Avant la nuit, il fallait tendre des câbles pour retenir le bois et le mettre sur la rive. Un travail pénible pour les hommes, qui non seulement subissaient par moments les humeurs d'une rivière capricieuse, mais devaient aussi tenir compte des peissières, moulins à nef et autres obstacles que l'on pouvait rencontrer. Autant de tracasseries qui donnaient lieu à des conflits lorsqu'il fallait, par exemple, payer un " droit de sauvetage" pour récupérer le bois qui avait quitté le convoi suite à une crue soudaine.

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