"Si, dans les campagnes corrèziennes, il était d'usage de tresser la paille de seigle pour confectionner des chapeaux de femmes, les pailholes, la fabrication des cabas, elle, était limitée au canton de Beynat et à ses environs.

Cet artisanat florissant connut son apogée de 1942 à 1947, en raison de la crise du cuir et de la moleskine 4000 à 5000 personnes étaient alors concernées, qui travaillaient soit à domicile, soit dans les ateliers apparus à la fin du XIX ème siècle. Dans toute la France, des démarcheurs diffusaient quelques 600 variétés de paniers, corbeilles et coffrets aux usages multiples ; des " cabas" pour la présentation des échantillons de courtiers en vins du Midi ; pour le panier-repas des mineurs de Decazeville, Alès ou la Grand'Combe .....

CC

 

( L'association au travail, photo extraite du Journal La Montagne en date du 20/11/2011)

 Après la moisson les femmes choisissaient les brins de paille et les séparaient en trois catégories  suivant leur grosseur. A la veillée ou en gardant les troupeaux, elles tressaient des rubans longs d'une dizaine de grasses ( 10 m) qu'elles vendaient aux cabaretières.

 Pour faire un cabas, on utilisait des tresses de 7 à 11 brins, aplaties au rouleau et blanchies au gaz sulfureux, parfois teintes de couleurs vives. Après avoir tendu une chaîne constituée de tresses sur un gabarit en bois, la cabatière ( ou le cabatier) tissait une trame avec un crochet spécial. Dans les ateliers équipés de machines, des tapis de tresses, tissés comme de la toile étaient encollés, découpés et assemblées en cabas. 

L'apparition  dans les années 1950  du plastique faillit faire disparaître le cabas de Beynat. Mais c'était sans compter sur l'opiniatreté d'une poignée de passionnés de leur terroir conduits par Mr Michel Marcus fut fondée l'association " Le Cabas de Beynat "  (http://www.lescabasdebeynat.fr) depuis 2007 cette dynamique association s'attache, comme vous pourrez le constater sur le site signalé ci-dessus, à faire renaître le cabas de Beynat en faisant fonctionner des ateliers d'initiation et l'association forte du leg de L'abbé Pimont une maison du XVII ème siècle ne ménage pas ses efforts pour la mise en place d'un " Centre d' Interprétation muséographique du patrimoine cabatier en pays de Beynat " ( lecabasdebeynat@gmail.com)

Il faut signaler que les Archives Départementales de la Corrèze en 1997 ont proposé une exposition sur la fabrication du cabas de Beynat, cela peut être consulté sur leur site : http://www.archives.cg19.fr .

beynat 5 cp

( Le charmant village de Beynat, photo de notre ami, merci encore,  et vous pouvez voir la suite de son reportage sur son site :

 http://brive.pagesperso-orange.fr

A la demande de l’association Le Cabas de Beynat, Marie-France Houdart, ethnologue reconnue et éditrice, spécialiste du Limousin, a mené l’enquête afin de restituer l’histoire de ces fameux cabas. Grâce au travail des femmes qui savaient travailler la paille pour en faire chapeaux puis cabas, cela a permis aux familles de Beynat de vivre avec ce que d'autres considéreraient comme rien et de rester au pays. Cela vaut de l'or : " L'or de la Paille ", l'or des humbles, un bel exemple de dignité et de vraie écologie pour aujourd'hui.
Riche de témoignages, documents d’archives et photos, son ouvrage est une enquête passionnante qui vous mènera de la fin du Moyen-Âge au XXIème siècle au pays de l’Or de la Paille.  ( http://maiadeeditions.free.fr)"

(Sources :indiquées dans le texte, voir  les liens)