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   Le philosophe  François-Marie Pierre Gontier de Biran, naquit à Bergerac le 29 novembre 1766 au 39 de la rue Sainte-Catherine ( une plaque apposée le rappelle). Originaire d'une vieille famille, son père était médecin, il se fit appeler Maine de Biran en 1790, du nom d'une terre que son père possédait dans la commune de Mouleydier. Plusieurs de ses ancêtres, qui forment une " dynastie de notables" furent maires de Bergerac.

Il fit tout ensemble ses humanités et des études de mathématiques et de sciences .Garde du Corps en 1784, il défend avec sa compagnie le château de Versailles en octobre 1789 ; la Révolution met fin à sa brève carrière militaire.  Ses parents morts, il reçoit en héritage le manoir de Grateloup, dans la commune de Saint-Sauveur, à quelques kilomètres de Bergerac. Il s'y retire et attend des jours meilleurs, cependant que la solitude l'invite à la méditation philosophique.

La réaction thermidorienne en fait un Administrateur du département de la Dordogne, puis un député au Conseil des Cinq-Cents. Devenu père de famille, il revient en 1798 dans son domaine de Gratelout où il reprend sa fièvre de spéculations intellectuelles; Il aurait aimé à enseigner les mathématiques, à devenir Recteur dans la jeune Université impériale : le régime Napoléonien en fait un sous-préfet de Bergerac,poste qu'il occupe jusqu'en 1812. Il s'y montre administrateur éclairé, s'intéresse aux travaux publics, à l'hygiène, à l'instruction. Il se propose de rendre un collège à sa ville natale et, champion de l'éducation nouvelle, s'adresse directement - et avec succès - au grand pédagogue suisse Pastalozzi pour avoir un de ses disciples comme instituteur dans les classes primaires de Bergerac ( H. Gouhier, Oeuvres choisies de Maine de Biran, Introduction). Sous son  impulsion l'école secondaire de Bergerac deviendra le Collège Henri IV.  Elu député de Bergerac, nommé conseiller d'etat en 1816 il meurt à Paris en 1824. Il est enterré à Saint Sauveur de Bergerac.

 

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( Photos Studio Plume et eau )

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Le philosophe Maine de Biran fut davantage connu de ses contemporains comme homme politique que comme penseur. Il n'était pas philosophe de profession, et, de plus la publication de sono oeuvre fut essentiellement posthume. Néanmoins il est considéré comme un précurseur de la psychologie contemporaine, s'il écrivait beaucoup il publia peu. De son vivant il publia peu  dont  un mémoire couronné par la classe des Sciences morales et politiques de l'Institut national " Influence de l'habitude sur la faculté de penser " en 1802, les oeuvres complètes du philosophe ont été éditées en 14 volumes de 1920 à 1940. Il adhéra à la pensée des " idéologues", très en vogue pendant la République.

 La ville de Bergerac par délibération du Conseil Municipal qui fut approuvée par Napoléon III le 2 Mai 1857 donna son nom à une grande avenue de la ville, le boulevard Maine de Biran ; dans la délibération du Conseil Municipal il est dit : "  Nous n'avons pas besoin de vous dire ce qu'était cet homme... nous tenons néanmoins à vous exprimer que ce n'est pas seulement l'ancien sous-préfet de l'arrondissement de Bergerac, le législateur, le conseiller d'Etat dont nous reconnaissons les services, mais le penseur éminent, le philosophe spiritualiste dont nous honorons la mémoire parce  que l'éclat de son nom rejaillit sur le pays qui l'a vu naître ". Un lycée de la ville porte aussi son nom depuis 1964.

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Le domaine de Grateloup se visite on peut y voir sa bibliothèque et des objets lui ayant appartenu.

C'est à l'occasion du 100 ème anniversaire de sa naissance en 1866 que sa dépouille fût ramenée à Saint-Sauveur dans le tombeau familial. A ses côtés repose sa première épouse Louise Fournier du Fradeil ( DCD en 1803)

C'est en 1963 que le monument oeuvre de MM. Varoqueaux et Dorillac, sis en face de l'église de Saint-Sauveur, fut inauguré par l'académicien André Maurois.

( Sources : d'après : Monographie  des places et rues de Bergerc de Mr Robert Coq 1970- et  Professeur Jean Barthe )