Le premier texte mentionnant la ville de Souillac daterait de 909. En 962, St Géraud abbé d' Aurillac ( Ordre de Saint-Benoit), mentionne dans son testament que ses biens seront partagés entre l' église St Etienne de Cahors, le monastère de St Pierre de Marcillac et Notre-Dame de l' Assomption  qiui deviendra par la suite  Sainte-Marie de Souillac. Ce n'est alors qu'un tout petit monastère.

Aux XI et XII èmes siècles  les doyens  Pierre de Cesières , Géraud d' Ussel, et Archambaud vont entreprendre la construction de l' église et de l' abbaye, les doyens Willibert et Guillaume achèveront les travaux, entre 1145-1150. Elle est de style Roman, et à cette époque le rayonnement du monastère est à son apogée . Dans la région plus de 80 églises et prieurés en dépendaient. Elle rayonnait dans le Haut-Quercy, le Limousin, le Périgord.

 

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Représentation de l' abbaye au XVIIIème siècle.

La guerre de Cent Ans n'pargnera pas Souillac qui fut occupée deux fois par les anglais et  ce jusqu'en 1444. Pillages, destructions de toutes sortes, rien ne fut épargné le monastère subit d'importants dommages. A cette époque la famine et la peste frappèrent la ville ajoutant leur cortège de malheurs. La guerre terminée, la reconstruction commence et en 1508 une bulle pontificale  attribue au Cardinal Amaniue d' Albret le titre d'abbé de Souillac et lau  monastère celui d' abbaye. L'abbaye est reconstruite en 1525, à cette époque la ville retrouve sa prospérité  d'antan , de plus  par sa situation sur la rivière Dordogne les passages sont très nombreux et constitue un point stratégique pourla traversée de la rivière Dordogne, de plus  elle se trouve sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle.

 

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Vues extérieures de l'abbatiale Sainte-Marie ( Photos studio Plume et eau ainsi que celles qui suivent))

Les théories de Luther et Calvin arrivent par la rivière, et le 30 août 1562 l'armée protestante entre dans la ville qui est saccagée, détruite ,  à nouveau la famine et la peste vont tomber sur la ville.En 1573 l' abbaye est assiégée par ls protestants, les bâtiments claustraux furent brûlés, l'église saccagée ( deux absidioles furent détruite), mais aussi ils détruisirent l'église paroissiale Saint-Martin, seul  témoin restant  aujourd'hui le beffroi sur lequel on peut voir les traces du saccage.

 

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Le beffroi de l'ancienne église paroissiale Saint-Martin

 Les armées protestantes avaient à Souillac une tête de pont passant le gué pour aller guerroyer plus loin. Mais en 1569 lors de leur passage à gué ils furent tué en grand nombre par les habitants qui s'étaient révoltés, puis l'armée des Princes ( catholiques) vint à son tour et dévasta aussi la région et Souillac fut mise à sac. L'Edit de Nantes devait ramener la paix et la sérénité. Monseigneur Henry de la Mothe Houdancourt ( Seigneur-Abbé de Souillac) à partir de 1632 fait restaurer les bâtiments conventuels et l'abbatiale, et ce qui restait du portail extérieur fut remonté à l'intérieur de l'édifice ; les travaux de restauration ne devaient s'achever qu'en 1712.

La Révolution de 1789 ordonna la vente des biens de l'abbaye et l'expulsion des moines, la commune s'appropria l'église de l' abbaye qui devint le temple de la déesse Raison ( 1794). Dès le Concordat de 1801 des réparations furent alors entreprises, ce qui permet de redonner à l'édifice son aspect roman,  et en 1841 elle fut parmi les premiers monuments à être classée par les Monuments Historiques.En 1803 elle devient l'église paroissiale. Les 2 absidioles furent reconstruites en 1848. En 1932 restauration des coupoles , en 1948 restauration de la tour-porche et de 1965 à 1974 restauration de l'intérieur de l'église, en 1951 baptême des trois cloches et de 1980-1990 réfection de la toiture et des coupoles et restauration de l' orgue qui fut exécutée vers 1855 par le facteur d'orgue M. Stoltz, laquelle a été aussi restaurée en 1988 et fait l'objet d'un classement  aux M.H.

 

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L'orgue de l'abbatiale

 

L'église : ( comme toutes les églises du Moyen-Âge) est orientée de l'ouest à l'est en forme de croix latine avec transept doté d'absidioles et absides à chapelles rayonnantes. La coupole s'élève à la croisée du transept et deux autres au dessus de la nef : ( hauteur sous clef des coupoles : 24 mètres, coupole diamètre 9 mètres. La longueur de la nef et du choeur est de 48 mètres.

La beauté de l'édifice tient à la pureté de ses lignes et à l'harmonie des proportions. Les restaurations successives n'ont pas détruit le caractère de l'ensemble qui a été admirablement  conservé. Le mâitre-autel placé à l'intersection de la nef et du transpet commande à toutes les parties de l'édifice.

La Tour porche, vestige de l'église primitive (début du XIème siècle) est haute de 25 mètres, au cours de travaux en 1950 on y a retrouvé un cimetière établi depuis le Moyen-âge et on y a découvert des sarcophages.

La beauté de l' édifice tient à la pureté de ses lignes et à l'harmonie des proportions. Les restaurations succesives n'ont pas détruit le caractère de l'ensemble qui a été admirablement conservé. Le maitre-autel placé à l'intersection de la nef et du transept commande à toutes les parties de l'édifice.

En tournant le dos à l'abside centrale on dirige son regard vers la nef et les coupoles et on peut alors découvrir  la richesse architecturale de l'ensemble , on peut admirer le portail qui orne le fond de la nef. C'est un des plus purs chefs d'oeuvre de l' Ecole Toulousaine et primitivement il pouvait soutenir la comparaison avec ceux de Moissac, Cahors, Beaulieu, de la même lignée. Très endommagé durant les guerres de religion et démoli au XVII ème siècle, lors de la restauration de l'église les fragments conservés ont été placés à l'intérieur.

 

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Le Tympan

Ce merveilleux ensemble décoratif comprend 5 parties sur lesquelles on peut voir : le relief de Théophile conservé avec  :Saint-Pierre avec les clefs, Saint Benoit avec la crosse et le livre de la règle de St Benoît,  au centre est retracée la légende du Miracle de saint Théophile.

On peut aussi  voir à l'entrée  un polyptique espagnol du XVIème siècle : les mystères du Rosaire.

 

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Dans le pilier nord-est est enchasé le trumeau de l'ancienne porte, autre chef d'oeuvre dont l'interprétation serait le péché et la conséquence du péché.

De chaque côté de la porte se trouvent sculptés Joseph et Isaie. L' Isaie est sans contestation possible le chef d'oeuvre de l'église. Très bien conservé, on peut admirer la déicatesse de la sculpture, le tissu qui épouse les épaules du prophète lequel porte à la frange et au cou une large bande de broderie avec dessins de losanges et rebordds perlés :  il semble aérien sur le mur où il est sculpté à jamais.

 

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" L'ISAIE"

 

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 Détails de l' ISAIE

Nous n'avons fait que résumer en quelques lignes la beauté et les trésors de l' abbatiale, et seule une visite sur place pourra vous faire apprécier ce chef d'oeuvre de l'art Roman. Nous vous proposons par le lien qui suit :  de faire une visite panoramique qui vous permettra de mieux préparer une future visite.Ci-après : www.visites-panoramiques.com/

Textes d'après les ouvrages suivants : Souillac, abbatiale Sainte-Marie 1ère édition juin 1981 - Souillac, abbatiale Sainte-Marie d'après Souillac et ses environs de M. L'abbé P. Pons.