Après avoir traversé la foret de la Bessède, blottie dans un vallon, l'Abbaye de Cadouin de style roman cistercien, offre  au visiteur L'Eglise abbatiale et sa façade Romane. L'eglise est l'une des plus remarquables du Perigord roman.

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Fondée a la fin du XII ème siècle par  Géraud de Sales qui viendra s'y établir avec une petite communauté de moines, en 1119 elle s'affilie a l'ordre de Citeaux et va suivre la règle de Saint Benoit. C'est en 1154 que l'eglise Romane est consacrée sous le  titre de Notre- Dame-de-la -Nativité .L'église a la forme d'une croix latine, une nef a trois baies, transept, coeur, abside avec deux absidioles. Dans l'abside se trouve la statue de la Vierge a  l'enfant.

 

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(La Vierge à l'enfant ( photo studio Plume et eau)

 

L'abbaye va vivre une période de prospérité grâce a sa relique " Le Saint Suaire" considéré comme ayant enveloppé la tête du Christ et qui aurait été ramené de Terre Sainte après la première croisade (1096-1099). En effet l'etoffe durant huit siècles va attirer les pèlerins et on dit même que vinrent : Richard Coeur de Lion, Aliénor d'Aquitaine, Saint Louis.... La guerre de Cents Ans obligea les moines a mettre la relique a l'abri a Toulouse a l'eglise de Taur. Après de nombreuses difficultes pour le récupérer et intervention du Roi Louis XI et du pape la relique revint a Cadouin et les pèlerinages purent reprendre. Mais une expertise  en 1934 (plus tard en 1981 une expertise scientifique viendra appuyer cette dernière) va révéler qu'il s'agissait d'un tissus égyptien réalisé sous le règne des Fatimides (XIème siècle) le décor tissé de bordure comporte des inscriptions  faisant allusion au calife d'Egypte al-Musta'li qui régna sur la Basse Egypte de 1094 à 1101 :  le Saint Suaire était un faux, ce qui entraîna la fin des pèlerinages, non sans un grand mécontentement chez les pèlerins.

 

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( L'Abbaye, extérieur et intérieur)

Le cloître roman fut très endommage durant la guerre de Cent Ans,  , ce n'est qu'après la défaite des anglais à Castillon- la- Bataille que le cloître sera sauvé, surtout grâce aux  libéralités de Louis XI) : il sera reconstruit  en style gothique flamboyant  en deux périodes : à  la fin du XV eme siècle par Pierre VI de Gaing ( 1475-1504) et durant la moitie du XVI eme siecle par Pierre de Gaing et Geoffray d'Estissac (1516-1544). Geoffray d' Estissac va devenir le premier abbé commendataire de Cadouin   (  personne jouissant d'un bénéfice ecclésiastique sans la charge religieuse, ni l'activté monastique, et ce depuis le concordat passé entre le Pape Léon X et François Ier, le roi de France acquérait le droit de nommer aux abbayes, ce qui bien souvent laissera place au favoritisme, les abbés commendaires avaient droit aux 2/3 des revenus du couvent et n'avaient aucune obligation de maintenir les bâtiments en l'état).

A partir de 1643, l'abbaye et le cloître  ont  retrouvé tout leur  lustre d'antan grâce à de nombreux travaux, la foule des pèlerins est de retour. En effet les moines depuis le XIIIème siècle accueillaient les pèlerins qui y  faisaient halte :  l' abbaye se trouvant sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle. L'eglise abbatiale Notre-dame de la Nativité en 1999 sera inscrite à ce titre  sur la liste des sites du Patrimoine Mondial de l' UNESCO.

 

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( Quelques vues du  cloître)

 Les moines depuis le XIIIème siècle accueillaient les pèlerins faisant la route vers Saint Jacques de compostelle celle-ci passant par Rocamadour et Cadouin.

 L'eglise romane était intacte le cloître sera reconstruit et les moines vont édifier un cloitre de style flamboyant de la fin du gothique. De forme rectangulaire il est compose de 26 travées décorées de sculptures évoquant les Evangiles et certains épisodes bibliques. Les galeries s'ouvrent sur le jardin par des baies en arcs brises aux remplages flamboyants.

 

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Durant les guerres de religion l'ensemble subira de nouveaux dommages. Le pèlerinage va cesser durant la Révolution, il ne reste alors que six moines, l'abbaye est pillée - le suaire a été mis en lieu sur -. Le cloître devenu bien national est vendu aux enchères en 1791, il sera transformé en dépôt de bois, et en porcherie. Sous le Directoire, l' église devient paroissiale et le culte y est à nouveau célébré.

Ce n'est qu'en 1833, que le comte Charles de Montalembert fait publier un article intitulé " Le Vandalisme en France" et fait état de l'état de délabrement de l'abbaye et surtout  du cloître. En 1839 le Département de la Dordogne va acquérir l' abbaye et en 1840 l'édifice est mis sur la liste des Monuments Historiques. Il faut se remettre en mémoire qu'à cette époque : En 1837 création de la Commission supérieure des Monuments Historiques qui est à l'origine de la première liste des monuments protégés établie en 1840 à l'instigation de Prosper Mérimée Inspecteur Général des Monuments historiques. ( 934 Monuments seront classés, tous sont propriété de l' etat, du département et de la commune, leur conservation nécessitant des travaux, et des fonds. voir le blog à la lettre :  P patrimoine , du 25/10/2013)

Des travaux qui seront commencés en 1892 et vont durer plus d'un siècle, le département de la Dordogne ayant achevé la restauration du cloître au début des années 2012 il offre toute son histoire , ses sculptures, chefs d'oeuvres de l'art roman aux visiteurs.

 

Abbaye Unesco

 

 

Pour vous rendre à l' Abbaye de Cadouin et connaître les jours et heures de visites le site de http://www.semitour.com/site-touristique/cloître-de-cadouin