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Nous avons retrouvé sous la plume de Monsieur Robert COQ, le récit suivant :

 Le conventionnel Lakanal :

" Considérant que les lettres font haïr l'esclavage parce qu'il dégrade et qu'elles le font plus vivement sentir chez les hommes exercés à la pensée ;

Considérant que les stupides tyrans ont fait livrer aux flammes les bibliothèques, les Français libres doivent multiplier sur leur territoire ces dépôts littéraires pour assurer le triomphe de la liberté par celui des lumières.

Arrête :

Art. 1er.- Il sera établi à Bergerac une bibliothèque nationale ouverte à tous les citoyens ;

Art. 2.  -  Cette bibliothèque sera composée de livres venant des ci-devant moines, congréganistes et émigrés et d'un recueil complet des lois qui gouvernent la France ;

Art 3. - Il sera assuré des fonds annuels pour l'accroissement progressif de cet établissement national ;

Art 4. - La Commission des neuf pour l'instruction publique nommera un citoyen doué de la probité et des lumières nécessaires pour diriger en qualité de bibliothécaire cet établissement consacré à la propagation des lumières et de l'affermissement de la liberté ;

..... donné à Bergerac, le 2 Brumaire, l'an II ( 23 octobre 1793) de la République Française, une et indivisible.  LAKANAL. "

Le citoyen Mourgue fut désigné et le local se trouvait installé dans ce qui porte aujourd'hui le numéro 26 de la rue Merline. Elle reçu de nombreux dons particuliers : des volumes, des cartes, des instruments de physique, et de laboratoire ; il y avait même un petit Musée d'objets divers, notamment le portrait de Gabrielle d' Estrées et le poignard de Ravaillac, l'assassin d' Henri IV, provenant l'un et l'autre du château de La Force.

Mais dès le 27 prairial an III ( 15 juin 1795) Lakanal ordonne le transfert à Bourges de différents documents et répertoires ainsi que la collection complète du Journal des Débats. Mais le Consul de la commune s'en remet au Directoire du district lui demandant  " a donner son avis comme autorité constituée sur l'envoi et l'extraction des dits ouvrages". Lakanal va essuyer un refus devant lequel il devra s'incliner. 

Mais de nouvelles pressions vont s'exercer et malgré le citoyen Mourgue qui pour gagner du temps va informer que l'inventaire n'est pas encore terminé et après diverses péripéties, le 14 Ventôse an V ( 4 mars 1797) le citoyen rivière reviendra à Bergerac porteur d'un arrêté de l' Administration Centrale ordonnant l'excution de l'arrêté du 28 Pluviôse an V ( 16 février 1797). Et c'est ainsi que se termina l'aventure de la Bibliothèque Nationale de Bergerac. Il faut signaler que les volumes du Species plantarum de Linneus se trouvent depuis 1797 à la bibliothèque de Périgueux.

 

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