Le métier de feuillardier remonterait au XVIème siècle, mais le terme de " feuillardier" n'apparaît que vers 1850, on était feuillardier de père en fils. Le mot " feuillardier" fuelhaire ou folhargier en occitan est à mettre en relation avec les mots : feuille, fuelha et folharja, branche garnie de feuilles. Le travail du feuillardier est lié à l'utilisation des taillis de châtaignier dans le sud du département de la Haute-Vienne, dans le nord de la Dordogne et le canton de Villebois-Lavalette en Charente.

L'abattage des bois se faisait de la Toussaint au 30 avril. L'activite du feuillardier sera pendant très longtemps liée à la production de vin et à l'usage du bois. Il est donc probable que c'est d'abord sur la Vallée de la Dordogne que l'activité va se développer, le vignoble recouvrant le plateau périgourdin jusqu'aux limites du Quercy. Lorsque la vigne recula des marges du Massif Central pour descendre vers les coteaux et les graves du bas-pays,l'épidémie de phylloxera à la fin du XIXème siècle sonna le glas de l'usage du bois qui sera remplacé par l'usage du fer, et la fin du transport par la rivière firent que les feuillardiers s'éloignèrent des zones viticoles remontant vers les châtaigneraies du Haut-Perigord et du Limousin. Aujourd'hui on coupe des taillis plus âgés et les exploitants fabriquent d'autres produits tels que : clotures, palissades, tuteurs variés

outils feuillardier

Illustration tirée du livre : " Gens et métiers du Périgord, par Bernard Stéphan, Editions Royer, Paris, 2001, " avec nos remerciements à l'auteur

L'apogée du métier de " feuillardier" se situe au début du XXème siècle. En 1907 on dénombrait 2500 feuillardiers surtout situés dans le Limousin région où le châtaignier est l'arbre le plus répandu. Ils exploitaient des jeunes taillis de châtaigniers. Avec une serpette on commençait " la fente" c'est dire couper les tiges dans le sens de la longueur en 2 lattes, puis le planage et le cintrage qui donnait la courbure aux lattes. Pour un tonneau de 250 litres, il fallait des tiges de 3 mètres de long enroulées sur elle-mêmes, les lattes formaient une meule de 6 cercles rangés sur 4 épaisseurs soit 24 cercles liés ensemble, ces meules étaient livrées aux tonneliers.

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Les longueurs des feuillards étaient précises mesurées en pieds. Dans les années 1950 les feuillards les plus courts de 4 pieds servaient pour faire des casiers à homards et des caisses pour les sardines salées en Bretagne, ceux de 7 pieds partaient en Mauritanie pour faire des casiers à langoustes et ceux de 8 pieds partaient dans la région de Cognac et dans le Bordelais pour cercler les barriques, et avec les branches on faisait des fagots vendus aux boulangers.

( d'après  : au pays des feuillardiers, éditions Ostal del libre, 15000 Aurillac 1994 : Médiathèque de Bergerac.)

 

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( photos studio Plume et eau, prises au Village du Bournat Le Bugue 24 www.lebournat.fr