Pendant près de quatre siècles, du XVIème au XXème, la Dordogne fut un axe de communication important entre le Massif Central et les ports situés en aval comme Souillac, Bergerac, Libourne et Bordeaux.

La rivière facteur de prospérité et d'échanges  transportait : vins, sel, bois, fromages, canons et tous les produits de l'artisanat local que ce soit à la descente ou à la remontée ( Il y avait 260 km de cours navigué à la montée et à la descente).

Si la descente pouvait se faire lorsque les eaux étaient marchandes, la remonte de l'estuaire à Souillac n'était possible qu'avec l'aide du vent pour la partie basse de la Dordogne.  Mais pour aller vers Souillac, il fallait avoir recours au halage une technique qui permettait à un bâteau d'être remorqué par un attelage ou même à bras d'homme. En fait la remontée était relativement facile du Bec d' Ambés à Castillon-la-Bataille en s'aidant de la marée montante. Au delà, la remonte s'avérait plus difficile du fait du courant de la rivière et du manque de vent.

A la navigation remontante les gabares étaient tirées par des hommes le long du chemin de halage ou chemin de tire qui se trouvait sur une rive de la rivière, le halage humain était dit " halage à col d'homme". Bien souvent entre les " haleurs" surgissaient des conflits d'intérêt, de territoire et surtout la concurrence pratiquée par les bouviers qui louaient leurs boeuf de lieu en lieu, pour certains passages particulièrement périlleux l'on pouvait avoir de 20 à 30 tireurs qui halaient sur la longueur d'un relais, parfois cela pouvait aller jusqu'à la rupture volontaire du tirage d'une gabare tirée par des boeuf par les haleurs mécontents....

En 1812 un arrêté préfectoral institua  le halage avec des boeuf mais seulement où pouvaient passer les bêtes, les chemins de halage de Lalinde à Souillac avaient un relief très accidenté, des rives escarpées, les haleurs aidés de matelors tiraient alors le bateau. Par exemple le célèbre Saut de la Gratusse près de Lalinde nécessitait 80 à 100 tireurs pour " hisser" le bateau !!

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Un nouvel arrêté pris en 1937 vint interdire définitivement " le halage à col d'homme", remplacé par les boeufs, mais l'amélioration des routes, le tracé de nouveaux chemins et surtout l'arrivée du chemin de fer dans les années 1857 mit fin petit à petit à ce type de transport sur la rivière, il faut savoir que vers 1850 la seule batellerie assurait près de 60% du trafic de marchandises entre Bergerac et Libourne. 

Depuis les gabares ne transportent plus que des passagers afin de leur faire admirer les rives de notre Rivière Espérance et leur montrer le travail qui était fait par ces hommes.

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