A la sortie du Fleix en direction de Port-sainte-Foy, on découvre les superbes vestiges du long VIADUC DU MIGNON, ouvrage d'art unique en Dordogne, édifié entre 1858 et 1860 pour supporter le chemin de halage et la route  départementale n°20, dans cet " affreux passage" comme le qualifiaient les Ponts et Chaussées, où les nombreux éboulement du coteau avaient produit de fréquents accidents.

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Il fut dessiné par l' Ingénieur Sylvestre au début de 1858, l'entreprise Marty étant l'adjudicataire des travaux. Inauguré en 1863 par le Ministre Magne celui-ci devait déclarer : " les Ingénieurs de la Dordogne ont élevé une oeuvre d'art durable qui rappellera longtemps parmi vous de ce bienfait et de votre nom ... et le dangereux passage du Mignon a été franchi". Il est vrai qu'à cette époque il était le plus gigantesque de la Dordogne.

La raison principale de sa dégradation résidait dans l'instabilité du terrain - constitué : " de terres argileuses de la pire espèce"- qui provoqua un tassement en 1910, puis un effondrement de la 21ème arche, en 1912, suite à une forte crue. Néanmoins, la construction d'une passerelle de bois permit d'en utiliser les 2/3 encore intacts. Une nouvelle crue, en 1949 emportant celle-ci, sonna le glas dudit viaduc.

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Parallèlement, le trafic du halage ayant diminué à cette époque, il ne sera plus question de réparations. Le Conseil Général de la Dordogne en sa séance du 22 avril 1922 demanda l'étude d'un projet de pont qui aboutit à la construction du pont en ciment armé du Fleix entre 1925 et 1928 ( voir lettre P de l'alphabet d' Odilon).

Depuis, cette " oeuvre d'art blessée par les éléments", n'en finit pas d'être déconsidérée par les successeurs des " ingénieurs de la Dordogne" : le besoin de remblai à bas prix, lors de la construction du pont en ciment armé en 1927/28, ainsi que les tonnes de détritus amenés pour consolider la route D20, ont accentué ses " mutilations", créant une poussée latérale en le disloquant.

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( vue aérienne prise en 2010 de ce qui reste du Viaduc du Mignon)

Et pourtant lorsqu'il avait été conçu sous le Second Empire, rien n'était trop beau pour cet ouvrage de 7 m de large et plus de 360 m de long avec 30 arches de 10 m sur des piles de 2 m et des culées de 3. Pour suivre l'inflexion de la rive, il formait trois segments de 13,10 et 7 arches.

Dans les années 1980-1995, une promenage était encore possible le long du viaduc, à partir de la D20, mais devenue dangereuse, elle a été fermée. Actuellement, de ses 30 arches initiales, seules 18 sont à peu près entières. L'aire de repos, avec tables et bancs subsiste malgré les actes de vandalisme répétés.

( Source : Monsieur Michel Blanchard - Le Petit Guide Historique et le Cahier n° 3 de Mémoire du Fleix et  photos du viaduc, avec nos remerciements pour son aimable participation à l'alphabet d' Odilon.)