Quel rapport peut-il y avoir entre les mots Reine Claude, marché et Carennac ? En parcourant les berges de la Dordogne, de la source à l'estuaire, Odilon s'est promis de retrouver quelques traces des grands marchés d'antan sans pour autant négliger ceux d'aujourd'hui.

Wla_reineEn passant par Carennac, dans le Lot, il a retrouvé quelques écrits sur le marché aux prunes de ce beau village. Pour certains auteurs, comme le rappelle Roland Bouat ( août 2006), le fruit " Reine-Claude" proviendrait de Grèce d"après un texte de Camerarius. Introduite par le botaniste Pierre Belon, elle a été dédiée à la Reine Claude (1499-1524), la première épouse de François Ier que nous retrouvons, sous la plume de Jean-claude Ayroles, dans un article paru, à l'automne 2002 dans un bulletin des Amis de Carennac.

Le rédacteur des quelques lignes qui vont suivre s'est autorisé, avec délectation, à " mixer les saveurs" de ces deux auteurs pour vous mettre l'eau à la bouche et aller parcourir leur site. Il est évident que c'est à Carennac, et dans ses environs, que se trouve probablement un des meille urs terroirs de France pour ce fruit. Qui pourrait en douter ? C'est ainsi que la prune Reine-Claude dorée de Carennac se révèle, à la fois délicieuse et fragile avec ses fruits mordorés, dodus et gorgés de sucre. Ferme et ju teuse, sa chair est  sucrée, légèrement acidulée et très parfumée ! Cette qualité gustative exceptionnelle, cet arôme et ce parfum si particulier à ce terroir et unanimement reconnus ont permis très tôt à la prune Reine-Claude dorée des côteaux de Carennac de se démarquer ( des autres) et d'avoir une saveur unique.Wprunier_rcdoree_darnaud

Au XIXème siècle, l'arrivée du chemin de fer allait bousculer l'ordre établi jusque-là depuis des siècles et avoir d'importantes conséquences économiques. En raccourcissant les distances du point de vue du temps, il permettait l'accès à de nouveaux marchés jusque-là interdits. De locale, la consommation allait devenir nationale, puis internationale.

L'orage du 14 juillet 1917 fit des ravages parmi les vergers. Les agriculteurs replantèrent. Après la seconde guerre mondiale, il se récoltait entre 50 voire 70 tonnes de prunes par jour ! Les jours de marché, toute la place Palissade était occupée et dès lors commençait un spectacle ou la truculence le disputait au romanesque. Les affaires de tous prospéraient, y compris pour la municipalité.

Mais peu à peu, la prune suivit l'évolution des produits agricoles. La main d'oeuvre importante, lors de la récolte, fit défaut les agriculteurs disparurent sans être remplacés. A partir de 1975, on vit le marché décliner plus personne ne plantait, et, les conditions ééconomiques ayant changé l'intérêt des agriculteurs se porta vers des productions plus lucratives.

Actuellement, bien que ces marchés aient disparu depuis le milieu des années 1980, la Reine-Claude dorée de Carennac est toujours présente sur un peu plus d'une vingtaine d'exploitations agricoles du bassin de production, de façon plus ou moins importante, pour une surface estimée à une trentaine d'hectares de verger sa production saisonnière, s'étale sur une vingtaine de jours, du 25 juillet au 15 août environ.

La conclusion de ce texte, Odilon l'a emprunté à Jean Claude Ayroles : " Comme le disait notre bon Corneille : le combat cessa faute de combattants. De nos jours (...) quelques agriculteurs qui produisent ces fruits les portent à Puybrun ou à Biars. Il sont payés à la  fin de la saison dans le meilleur des cas ou à Pâques ou à la Tri..."

L'équipe d' Odilon remercie de leur participation Roland Bouat( cliquer sur son nom pour accès au site) et Jean-Claude et va s'efforcer de trouver d'autres témoins de ces foires et marchés de notre terroir tout au long de la Rivière espérance.

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Depuis 2000, un marché aux prunes revoit le jour à Carennac,(dans la première semaine d' Août)   ci-dessus, photo des producteurs lors du marché de 2009 : source photo : La Depêche du Lot du 08/08/2009.