Situé en partie dans le département de la Corrèze et en partie dans le département du Cantal, le barrage de Bort-les-Orgues, dresse sa haute silhouette impressionnante d'un des 10 plus grands barrages de France.

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"Le site se trouvait  dans la zone concédée à la Cie du chemin de fer Paris/Orleans et en 1921 un projet existait mais il était différent de ce qui sera réalisé plus tard. Il laissait à peu près intacte la vallée de la Dordogne en amont de Bort. Puis la SNCF succéda à la Cie du P .O laquelle prévoyait un barrage de 110 à 115 mètres de haut, créant une retenue en amont de Bort, en submergeant toute la vallée sur une assez grande distance .La SNCF occupée en 1946 à rétablir les réseaux des voies ferrées détruites pendant la guerre sur le territoire ne pouvant entreprendre rapidement un tel ouvrage passa une convention avec EDF pour la reprise du projet - en conservant la maitrise d'oeuvre- des installations électromécaniques.

Le chantier avait débuté en 1942 en pleine période de guerre : les travaux préparatoires vont durer jusqu'en 1945. En mai 1946 débutent les fouilles des fondations, qui ne se terminent qu' en 1949  par suite de difficultés liées à la nature des terrains, et que le bétonnage ne commença qu'en  novembre 1948: 1500 ouvriers, cadres et ingénieurs y ont travaillé.

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Au printemps 1951 le barrage est mis en eau le gros oeuvre est terminé. Le 1er mai 1951 les deux vannes de fond glissèrent sur leurs chenilles et vinrent obturer  les conduites de vidange du barrage. Aussitôt l'eau se mit  à monter dans le retenue , elle monta très vite de nombreux villages , lieux-dits,  fermes, hameaux  furent noyés on peut citer : Port-Dieu à 14 kms du barrage : les Aubazines, le Village de Mialet, Chastel, et beaucoup d'autres. Le château de Val avec ses 6 tours qui était juché en haut de la colline se retrouva au bord de l'eau. Il y eut aussi la perte du chemin de fer, voie de communication principale pour les habitants, la ligne Bort-Eygurande pour Aurillac et Paris qui avait été mise en service en 1882 vit passer le dernier train en mai 1950. A l'amont du barrage les gares de Singles, Port-dieu et de Miallet ont disparu."

( Source : Pierre Floirat " La Dordogne, la Rivière asservie, les Grands Barrages, 1991, réédité en 2008 : Éditions les Monédières)

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"Le barrage lui même est en béton du type poids-voute. La surface du parement amont forme un cylindre vertical de 190m de rayon.

Ses principales caractéristiques : hauteur au dessus des fondations  118,80m - longueur développée en crete : 390 m,

épaisseur de la base : 80  mètres- épaisseur en crête : 8 m

L'évacuateur des crues comporte deux pertuis débouchant en surface de la retenue et un double déversoir en saut de ski qui coiffe le toit de l'usine. Il permet d'évacuer 12000m/3 seconde pour la cote maximale de retenue

L'usine implantée en travers du lit de la Dordogne est adossée au barrage, au pied de son parement aval, et en partie recouverte par le " saut de ski" de l'évacuateur de crue. Elle se compose de 2 groupes principaux, 1 groupe de restitution et 2 groupes auxiliaires.( source : EDF : Groupement d'exploitation Hydraulique dordogne 19000 TULLE, avec nos remerciements.)

Cela a entraîné la création d' un lac artificiel de 1043 hectares s'étalant sur 21 kms de long et 1 km de large en moyenne.

Il est d'usage de vider les barrages tous les dix ans pour les examiner  et faire un certain nombre de travaux d'entretien. La vidange partielle du lac a eu lieu d'octobre 2005 à janvier 2006, la retenue du barrage a été partiellement vidangée afin de procéder à la visite décennale des installations. Des murs sont encore là et quelques carcasses d'arbres sont encore debout laissant devenir le tracé de chemins disparus, 52 ans après la mise en eau. 

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( Photos collection Odilon )