La Cère est un affluent de la Dordogne. Cette rivière traverse des gorges couvertes par une forêt feuillue de hêtres, chênes, charmes et bouleaux. On y trouve aussi bien des sangliers et chevreuils que des passereaux et des rapaces. Son parcours va du Cantal dans le Lot. La Cère termine sa course dans la Rivière Espérance dans un labyrinthe de canaux et d' îles, sous le château de Castelnau.

Dans les gorges de la Cère, dans les environs de Goulles, en Xaintrie du XIV au XIXe fonctionnaient des verreries. Un patrimoine oublié ! Ces ateliers se situaient là où les verriers pouvaient trouver du bois pour le feu, du sable et des fougères, des matériaux naturels pour la fabrication du verre. Le manganèse, pour teinter le verre, se trouvait pas très loin dans les gorges. Les secrets de fabrication étaient bien gardés.WOKVERRERIE40

On travaillait six jours sur sept, sauf le dimanche où le tiseur, celui qui alimentait la chambre de chauffe "le tisard" se devait de continuer à alimenter le feu, pratiquement en continu, car la chauffe du verre nécessitait envirion trois jours à 900°C. Une fois le bois épuisé ou lorsque la "campagne" était terminée, on éteignait le feu et toute l'équipe repartait pour un autre "atelier".

Dans ces ateliers, chacun avait un travail bien précis : le tiseur s'occupait du feu, les souffleurs créaient les objets " nobles". Les verriers travaillaient non seulement pour les particuliers, mais également pour les pharmacies. Chaque verrier avait sa clientèle. Ils vendaient leurs produits dans les foires et marchés d' Argentat, Beaulieu, Sousceyrac... A noter qu'ils achetaient le verre cassé au kilo en faisant du porte à porte.

Geneviève Martignac et Christelle Laval, nous apprennent qu'à la fin de la chauffe, les apprentis pouvaient fabriquer leur propre objet avec les restes pour montrer leur savoir-faire au maître verrier. Ceci s'appelait le bousillage". L'histoire des verriers de la Cère est à retrouver sur leur site ( cliquer sur leur nom) : l'histoire des verriers de la Cère. La dernière verrerie de Lacoste a cessé de fonctionner en 1870.

Une coutume s'était établie lors des mariages. La mariée devait souffler dans un verre qui devait être rempli de vin destiné aux ouvriers de la verrerie. Pendant qu'elle soufflait, la mariée recevait un coup de coude de son père qui lui faisait comprendre qu'il ne fallait pas le faire trop grand car... plus il était grand plus il contenait du vin !

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Planches extraites de l'encyclopédie de Diderot et d' Alembert sur la verrerie.